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La Redaction 13 juillet 2019

Dans une lettre ouverte adressée au peuple haïtien, deux compatriotes, Jérôme Clerval et Jean Yves Paul, ont leur mécontentement face à la situation de crise dans laquelle est plongée le pays. Et appellent les haïtiens à se livrer au combat en vue de parvenir au changement réel du pays.

   
Port au prince Le, 12-07-2019

Lettre ouverte au peuple haïtien

Objet : Resistance pour une vraie tabula rasa

Haïtiens,
Haïtiennes,

Chers compatriotes,
Peuple haïtien, votre courage et votre résistance au mépris et aux difficultés de cette vie sera sans conteste le véritable catalyseur d’une autre révolution. « kenbe la !, kenbe la !». Cependant, il est bon de rappeler aux réactionnaires que « ceux qui rendent impossible une révolution pacifique rendront une révolution violente inévitable. » Fils de la première République noire libre et indépendante dont nous sommes, la situation inacceptable et intolérable, voire répugnante que vit notre République depuis ces dernières décennies  nous oblige à vous adresser cette lettre ouverte ; sans vouloir nous faire passer pour des donneurs de leçon. Pour dire vrai, l’exercice n’est pas trop facile, c’est ce qui explique en partie, le silence de beaucoup d’autres, mais au fond, nous nous permettons d’affirmer qu’ils sont favorables à une rupture avec les pratiques hideuses de nos politiques et d’une frange de « l’élite haïtienne ». Une rupture avec ce système qui permet à « la misère de chasser la pauvreté dans nos familles haïtiennes ».En réalité, les événements de ces derniers jours montrent ô combien que ce système est dépassé ; combien il est effectivement en panne de renouvèlement. Voilà pourquoi nous vous encourageons de continuer à défendre vos droits jusqu’au bout tout en évitant des « violences inutiles ».

 

Frères et sœurs haïtiens, savez vous que « la voix du peuple est la voix de Dieu (vox populi, vox dei) » dans une démocratie ? Aux autorités de notre pays, nous répétons encore et encore: « seul le pouvoir du peuple est pourvoir ». Chers compatriotes, vous n’êtes pas tenus d’obéir à aucune loi injuste. Pour répéter Thomas Sankara, « quand l’injustice devient loi, la mobilisation est un devoir ».
Pour rétorquer à son Exc. Emanuel MACRON, actuel président de la République française, qui disait un jour : « La démocratie n’est pas dans la rue », Jean Luc Mélenchon eut à dire : « C’est la rue qui a abattu les rois ; c’est la rue qui a abattu les nazis […]. » Tout cela est pour vous dire chers compatriotes que vous devez être l’artisan de l’avenir de ce pays ; c’est à vous de prendre en main le destin de notre pays afin de le sortir de cette impasse difficile qui laisse certainement doutes et incertitudes pour un avenir meilleur. Rappelez-vous haïtiens, haïtiennes, que « les peuples qui vivent plus ou moins bien aujourd’hui, sont ceux qui n’ont jamais cessé de gagner les rues ». 
N’oubliez surtout pas que « le peuple qui n’a pas droit à l’éducation, à la santé, à l’alimentation […] a le droit de rebeller ». L’Education, la santé, la sécurité, la justice… vous sont elles accessibles indépendamment de votre situation, de votre fortune ? vivez-vous dans des logements décents ? Vos fils et vos filles vont-ils à l’école ? Avez-vous la même chance de réussir dans la République ? Non ; non, vous n’avez pas besoin de répondre, ce sont des rhétoriques. Tout le monde sait parfaitement qu’ici, vous n’avez que des doigts pour pointer du doigt ceux qui bafouent vos droits.
Rousseau de son coté, a eu la sagesse de dire « quand un peuple ne défend plus ses libertés et ses droits, il devient mûr pour l’esclavage ». Alors, qu’attendez vous peuple haïtien pour défendre vos droits par tous les moyens ? Êtes-vous prêts pour cet « esclavage » dont parlait Jean Jacques Rousseau ? En tout cas, Sankara disait : « Celui qui n’a pas le courage de se rebeller ; de […], de […] il n’aura pas le droit de se lamenter ».
Haïtiens, haïtiennes, compatriotes, le constat est clair, « ce groupe d’homme a échoué, mais le vide droit être comblé par des progressistes et non par des occupants, ni par une autre version de valet. »
Ainsi, même au péril de nos vies, nous devons lutter afin d’avoir la société dont nous rêvons depuis bien longtemps, où pour réussir, pour répéter M. Emmanuel MACRON, « l’on n’a pas besoin de relations ou de fortunes, mais d’effort et de travail », une société  égalitaire et prospère à tous les niveaux…

 

Somme toute, partant du principe que le developpement n’a pas de couleur, ni de drapeau, nous affirmons que le developpement de notre pays (Haïti) est donc aussi possible comme cela a été possible dans tant d’autres pays qui, à un moment de leur histoire, ont connu ces moments difficiles ; ces graves crises socio-politico-économiques. Cependant, pour y arriver, nous devons être conscients du « droit de penser par nous mêmes .» Nous devons montrer que nous sommes un peuple qui n’a peur de parler, d’échanger, de débattre, de faire concession quand cela va de l’intérêt général. Donc, le dialogue franc inclusif inter haïtien , ou « dialogue national », ou encore conférence nationale , « Etats généraux », quelque soit l’appellation que vous voulez ou vous préférez, il suffit que le pays se réunisse autour d’une même table pour vider les contentieux, adopter un projet de société fiable, viable et pérenne… pour sortir Haïti de cette crise systémique. Pour « Koupe fache » avec ce système qui encourage la corruption, l’impunité […] et qui met en danger notre indépendance acquise au prix du sang… se révèle indispensable. 
Compatriotes, ne ratez pas l’occasion de sauver la génération future.
Force ! Courage,  Bon combat !
Vivre libre ou mourir ; « La patrie ou la mort. »

Patriotiquement !

Jérôme CLERVAL et Jean Yves PAUL, deux victimes.

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