TPS, c’est fini… les 58 000 Haïtiens ont jusqu’à juillet 2019 pour régulariser leur statut ou quitter les États-Unis

Le 22 juillet 2019 le TPS accordé à 50 000 Haïtiens arrivera à expiration. Ces Haïtiens ont entre-temps la possibilité de retourner en Haïti ou de légaliser leur situation aux Etats-Unis, a indiqué un article du Miami Herald, soulignant qu’à la fin de cette période, sans légalisation de leur statut, ces Haïtiens retrouveront leur statut d’avant l’octroi du TPS et pourront possiblement être détenus et déportés.


La décision du Département de la sécurité intérieure des États-Unis est intervenue 14 jours après l’annonce de la fin du TPS pour 2500 Nicaraguayens et un délai sur la prise de décision pour les 57 000 Honduriens qui ont eu automatiquement une extension de six mois.

« Haïti n’est pas prête à absorber 58.000 de ses ressortissants », a confié au Miami Herald l’activiste Marleine Bastien qui a poussé en faveur d’une extension d’au moins 18 mois du TPS. « Ce sera un désastre pour 58 000 familles aux États-Unis et un désastre pour 58 000 familles en Haïti. Clairement, ils n’ont pas pris cette décision en se basant sur la réalité des faits sur le terrain…C’est purement inacceptable », a expliqué Marleine Bastien dont la position est partagée par beaucoup d’activistes estimant que cette décision est cruelle.


L’ambassadeur d’Haïti à Washington Paul Altidor, qui avait requis au nom du gouvernement haïtien une extension de 18 mois du TPS, avait mis en avant l’impact des transferts d’argent de la diaspora vers Haïti, soit plus de 2,4 milliards de dollars. Des complications pour les Haïtiens de la diaspora peuvent ralentir la capacité d’Haïti à retrouver sa situation d’avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010, a confié Paul Altidor au Miami Herald, soulignant que la décision du Département de la sécurité intérieure des États-Unis est intervenue alors que Donald Trump avait promis d’être le « meilleur champion » des Haïtiens. « Les privillèges du TPS continuent jusqu’en 2019. Les concernés pourront être enregistrés une seule fois pour les 18 mois », a confié au journal Le Nouvelliste l’ambassadeur Paul Altidor. Ce n’est pas un échec. Le programme n’a pas été suspendu du jour au lendemain. Pour Haïti, il y a 18 mois, le maximum prévu par la loi américaine. La bataille continue, cette fois au niveau du Congrès pour qu’il y ait une solution définitive, a expliqué Paul Altidor.


Selon une étude récente du Centre des études sur la migration, la majorité des Haïtiens bénéficiant du TPS vivent aux États-Unis depuis 13 ans et ont 27 000 enfants nés américains. Plus de 80 % ont des emplois et 6200 paient leur crédit immobilier.

L’administration Trump est connue pour sa position drastique en matière d’immigration. En ce qui concerne le TPS pour les 300 000 bénéficiaires originaires d’Haïti et d’Amérique centrale, des officiels de cette administration ont indiqué que la solution définitive appartient au Congrès, soulignant le caractère temporaire du TPS. Par ailleurs, des parlementaires américains, avons-nous appris, avaient besoin d’un peu plus de temps pour proposer une loi afin de régulariser la situation des détenteurs du TPS.


La précédente extension de six mois octroyée aux Haïtiens arrive à terme le 22 janvier 2018.

Roberson Alphonse

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