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Sajid Javid, un eurosceptique pragmatique nouveau ministre de l’Intérieur britannique

 

Fils d’immigrés pakistanais, ce conservateur remplace Amber Rudd, contrainte à la démission dimanche.

Theresa May n’a pas perdu de temps. Quelques heures à peine après la démission d’Amber Rudd, la Première ministre britannique a annoncé la nomination de Sajid Javid au délicat poste de ministre de l’Intérieur. A trois jours d’élections locales, où les conservateurs pourraient subir de lourdes pertes, il fallait tenter d’effacer au plus vite l’impression de désordre, voire d’incompétence, qui règne au sein de son gouvernement depuis plusieurs semaines.

 

Sitôt nommé, lundi matin, Sajid Javid a déclaré que sa tâche la plus urgente consistait à s’assurer que les victimes du scandale de la  génération Windrush , soient toutes traitées avec la dignité et l’équité qu’ils méritent. Mais il s’est bien gardé de remettre en cause la politique d’environnement hostile à l’immigration illégale menée par son ministère. Il n’y a rien de mal à gérer l’immigration, avait-il tweeté en septembre 2017.

 

Son père, débarqué du Pakistan à Heathrow en 1961 avec une livre sterling en poche ne pourrait plus s’installer aujourd’hui au Royaume-Uni, a-t-il reconnu en 2015 dans un entretien au Telegraph.

 

A l’époque, le pays avait besoin de main-d’œuvre non qualifiée, a-t-il expliqué alors. Aujourd’hui, on n’en a plus besoin, donc il est absolument juste d’avoir une politique d’immigration basée sur les talents

 

Sajid Javid, ma première priorité sera de m’assurer que les membres de la génération Windrush seront traités avec la décence et la justice qu’ils méritent, a assuré Sajid Javid dans sa première déclaration après sa nomination. La gestion calamiteuse de la situation de ces immigrés, arrivés au Royaume-Uni depuis les Antilles britanniques, souvent de la Jamaïque, entre 1948 et 1973, a entraîné la chute d’Amber Rudd. Une enquête du Guardian avait révélé que, en vertu d’un climat hostile pour l’immigration instauré d’abord par Theresa May alors qu’elle était ministre de l’Intérieur entre 2010 et 2016, puis poursuivi par Amber Rudd, plusieurs de ces immigrés étaient menacés d’expulsion après avoir vécu pour certains plus de cinquante ans au Royaume-Uni. Surtout, cette génération Windrush» est arrivée à la demande du Royaume-Uni, pour participer à la reconstruction du pays après la Seconde Guerre mondiale et alors que certaines des îles des Antilles étaient encore membres de l’Empire britannique

 

 

Par ROBINSON, JEROME

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