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Robinson Jerome 17 février 2019



Il n’y a probablement qu’en Haïti  que la parole d’un ministre de la République est aussi très peu prise au sérieux. La faute sans doute au Président de la République et  à tous ces membres du gouvernement qui promettent sans tenir parole, annoncent sans donner suite et menacent sans sévir.

C’est la promesse qui a valu au président Jovenel Moïse  les railleries les plus sarcastiques sur les réseaux sociaux.  quand il s’est engagé à électrifiée le pays en 24 mois au moment où il faisait sa promesse solennelle, ses services ne savaient encore rien sur l’origine de l’électrification une légèreté qui n’a échappé à personne et qui a déclenché une vague de moqueries et de critiques.

Après 10 jours sans parler le président avait pris la parole pour agacer et mettre en colère la population qui est dans les rues ,pour demander son départ,  la baisse des produits de premiers nécessités et le procès sur le fond “PetroCaribe”. Avec une telle arrogance l’opposition avait de quoi pour demander aux manifestants de continuer de manifester jusqu’au départ du président. Affolement devant une crise pour laquelle aucun plan de communication adéquat n’était prévu, enchevêtrement des prérogatives, manque de maîtrise du secteur ou tout simplement obsession de visibilité médiatique ?

Hier c’était le tour du premier ministre de prendre la parole et pour annoncer les mesures pour apaiser la souffrance de la population qui couille dans la misère, plus calme que le président avec un ton adoucir, le premier Ministre  s’est adressé à la nation. Mais que vaut la parole du premier ministre?

Quoi qu’il en soit, nos ministres nous ont habitués à ce genre de posture où ils empiètent sur les prérogatives de leurs subordonnés en matière de communication, avec le résultat que l’on cannait. Parfois, ils s’aventurent sur des terrains plus minés en abordant des dossiers d’une extrême sensibilité qui dépassent leur compétence. Ce fut le cas en début d’année ou il avait annoncé “Jeudi Petro”  mais rien n’a été fait.

Malgré un rappel à l’ordre cinglant de son chef hiérarchique lors de son allocution en disant après cinq mois les choses vont beaucoup plus mal qu’avant , le Premier ministre Jean-Henry Céant  doit faire respecter les mesures annoncées. Tels que la réduction de 30% sur le budget de la primature et autre frais. Le chef du gouvernement a fait mention d’autres dispositions prévues, parmi lesquelles un audit des entreprises autonomes de l’Etat en vue de combattre le détournement des fonds publics  la lutte contre la contrebande afin de pouvoir rentrer la moitié des fonds soit soixante milliards de gourdes par an perdues sur la frontière entre Haïti. Il a demandé aux pouvoirs exécutifs de faire de même.

En fait, les citoyens ont appris depuis longtemps à ne pas prendre les promesses des ministres et autres responsables pour argent comptant. Ils ne comptent plus les dates précises avancées pour la réception des grands projets qu’attend toute la nation ni les engagements à éradiquer la corruption, les trains de vie de l’État…

Si aujourd’hui la plus invraisemblable des fake news parvient déstabiliser des secteurs entiers, c’est aussi à cause de la légèreté et du manque de crédit des  voix autorisées censées remettre les choses à leur endroit.

Robinson, JEROME

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