Que dit Michel Martelly à son poulain Jovenel Moïse face à cette crise sociopolitique?

CP: Haïti liberté

Coincé, empêché et emballé par la non tenue de ses promesses électorales et surtout de sa mauvaise gouvernance, le président de la république d’Haïti, Jovenel Moïse ne serait pas loin d’un éventuel chambardement à la magistrature suprême de l’État haïtien à trois ans de la fin de son quinquennat.

Arrivé à la fin de son mandat présidentiel en 2016 et animé de la volonté de pérenniser sa présence au pouvoir, le président de la république d’Haïti d’alors, Michel Joseph Martelly, fondateur du Parti Ayisyen Tèt Kale (PHTK) avait choisi le citoyen Jovenel Moïse, Président Directeur Général (PDG) de la firme Agricole, AGRITRANS pour porter le flambeau de ses idéaux politiques lors des élections présidentielles de 2015.

Contre toute attente, Jovenel Moïse, citoyen méconnu de l’échiquier politique haïtienne, a su utiliser une bonne stratégie de communication et de campagne illustrée par l’entourage de Michel Joseph Martelly pour terrasser ses principaux concurrents et devenir président d’Haïti après avoir vu annuler les élections de 2015 avec la création de la Commission Indépendante d’Evaluation de Vérification Électorale (CIEVE) insérée dans l’accord politique de février 2015 trouvé entre les trois pouvoirs de l’État pour assurer la continuité.

Que dit Michel Joseph Martelly à Jovenel Moïse face à cette crise multidimensionnelle?

Depuis son intronisation à la magistrature suprême de l’État haïtien le 7 février 2016 en dépit de son présumé inculpation dans le dossier de l’UCREF pour blanchiment des avoirs, Jovenel Moïse après avoir prêté serment devant l’Assemblée nationale, faisait face à de nombreuses accusations de corruption portées à son encontre avec l’avènement sur la scène socio-politique l’affaire relative à la gestion et de la dilapidation des fonds du programme Petrocaribe et surtout de la mauvaise gouvernance.

Le 6 juillet 2018 malgré un budget de l’exercice fiscal 17-18 dénoncé par certains spécialistes de l’économie, le premier ministre haïtien de l’époque Jacques Guy Lafontant et son gouvernement avaient décidé sous les vœux et exigences des dispositifs du Fond Monétaire International (FMI) de réviser à la hausse, le prix des produits pétroliers. Ce qui allait provoquer des émeutes politiques dans la capitale haïtienne et quelques villes de province. Depuis, le pays s’est plongé dans un bassin de mobilisation populaire sans cesse avec pour mission d’exiger le départ de Jovenel Moïse et la réalisation du procès Petrocaribe.

C’est ainsi que le pays va assister à la naissance des “Petrochallengers” qui seront repartis en plusieurs groupes avec le fameux slogan d’interrogation Kote Kòb Petwokaribe a? Ce réveil significatif des jeunes haïtiens qui se sentent bafouer, souiller et fouler aux pieds des prédécesseurs de Jovenel Moïse dont l’administration de l’ancien président Martelly, a saccagé la présidence de Jovenel Moïse et même son maître malgré son statut d’ancien chef d’État qui à un certain temps, était contraint de laisser le pays sous les pressions populaires.

Avec la publication des rapports de la Cour Supérieur des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) relatifs à la gestion et de l’utilisation des fonds du Petrocaribe, l’éviction commanditée du premier ministre Jean Henry Céant à la primature haïtienne, la prolifération des gangs armés dans les différentes artères principales des grandes villes du pays et quartiers populaires, l’échec successif dans la formation des gouvernements, les massacres de La Saline, Tokyo et de Carrefour-Feuilles, les rapports d’enquêtes des organismes des droits humains nationaux et celui-ci du secrétaire général des Nations-Unies accusent des officiels du gouvernement haïtien, la présidence de Jovenel Moïse est devenue de plus en plus affaiblie et fragile.

Que dit Michel Joseph Martelly à Jovenel face à cette crise multidimensionnelle?

Selon plusieurs sources concordantes consultées et qui nous révèlent des informations sous couvert de l’anonymat, entre Michel Joseph Martelly et le président Jovenel Moïse, il n’y aurait pas de communication depuis le refus de choisir le sénateur Joseph Lambert (ami du chanteur Sweet Micky) au poste de premier ministre en lieu et place de Fritz William Michel qui viendrait entériner son espoir de resurgir à la présidence d’Haïti lors des prochaines élections présidentielles de 2022.

Un choix constaté ardemment par l’ex-président Martelly qui aurait même contraint au docteur Guichard Doré, conseiller stratégique du PHTK, d’intervenir à la radio pour discourir sur la conjoncture actuelle du pays où un éventuel divorce entre l’équipe de Martelly et celle de Moïse semble acté.

Que dit Michel Joseph Martelly à Jovenel face à cette crise multidimensionnelle?

Un député du département de l’Artibonite et proche du locataire palais national qui nous a parlé de ce sujet ce week-end, des barrons du secteur de l’économie des affaires qui ont supporté l’arrivée de Jovenel Moïse au pouvoir, auraient recommandé sous l’instigation d’un grand spécialiste de campagne électorale à Michel Joseph Martelly d’instruire à son poulain de céder le fauteuil du palais présidentiel à un gouvernement provisoire pour éviter qu’il ne soit pas empêché de se présenter aux élections présidentielles de 2022. Et même l’empêché (Jovenel Moïse) de le voir emprisonner pour son présumé implication dans la dilapidation des fonds Petrocaribe. Ce que le chef de l’État haïtien, Jovenel Moïse, d’entrée de jeu aurait été décliné à son coach qu’il reproche de ne pas l’aider à contrecarrer ses opposants politiques.

Que dit Michel Joseph Martelly à Jovenel face à cette crise multidimensionnelle?

Depuis plus de quatre semaines, le pays est catégoriquement fermé avec la reprise des activités de mobilisation populaire pour réclamer la démission de Jovenel Moïse. Malgré l’appel du Core Group et des Nation-Unies au dialogue pour essayer de résoudre la crise, les protestataires et leaders politiques restent cloîtrés sur leurs positions et le gouvernement démissionnaire n’a rien fait pour calmer la situation où le secteur éducatif est cessé de fonctionner et même la santé n’en est pas épargnée.

Dans la foulée Jovenel Moïse et son premier ministre défacto Jean Michel Lapin procèdent depuis deux semaines à une vague révocation et de nomination des gens proposés par Michel Joseph Martelly dans l’administration publique. Ce qui laisse encore à désirer autour du rapport entre les deux hommes.

Avec la poursuite de Jovenel Moïse au pouvoir, Michel Joseph Martelly et son entourage politique penseraient qu’il serait plus difficile pour eux de briguer un second mandat présidentiel avec la prise des mauvaises décisions de l’équipe actuelle qui ne cessent de mettre à nu dans l’opinion publique, l’équipage du PHTK et même Michel Joseph Martelly.

RICHEMOND Johnson

Auteur : Richmond Johnson

Richmond Johnson richmond85@gmail.com Twitter: @richmond85 Tel: 509 3630-4052 / 509 4009-0452

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