Quand le parlement haïtien aura la chance d’accoucher un nouveau Raymond Cabèche?

Dans les écoles haïtiennes ces derniers temps, il y a un certain dépérissement au niveau de l’enseignement de notre histoire passée. Les historiens contemporains se contentent modestement de retracer les faits qui l’avaient précédé certes, mais qui n’ont rien à incruster à notre culture de peuple tout en scotomisant l’évidence effective. À critérium, généralement les élèves haïtiens ont journellement eu de l’entassement pour discourir en peu de temps de nos institutions républicaines. On cite à première vue le parlement haïtien. Même les universitaires en faits partie, si non ils auraient grandement la praticabilité de jacter.

Né le 18 décembre 1806 (Réf: Le rôle du pouvoir législatif dans le fonctionnement moderne de l’État de Me Samuel Madistin, à la page 16) avec un sénat omnipotent <<Monocaméral>> suite à l’assassinat du combattant Jean -Jacques Dessalines le 17 octobre 1806 et devenu bicaméral (Le sénat et la chambre des représentants) avec l’adoption à Grand-Goâve de la constitution du 2 juin 1816, le parlement de la république d’Haïti a depuis sa genèse connu des étapes embouteillantes avec toute une foultitude de décisions prises par les gens qui y sont fréquentés régulièrement malgré le statut de leur mandat représentatif. Il est vrai que le blanc-seing octroyé par la population à un citoyen n’a nullement relation d’asservissement entre l’électeur et l’élu peu importe le pays du monde, mais un parlement reste et demeure une assemblée politique avec pour principal dessein de corroborer l’organisation et la survivance des hommes en société avec des outils législatifs proposés, votés et adoptés selon les procédures qui y requièrent.

La 28e législature a été gaufrée par l’estampille d’un personnage prodigieux dans le milieu politique du pays de Dessalines, il s’agissait bien du représentant de la commune des Gonaïves d’alors dans les travées de la chambre des députés, le député et docteur Raymond Vilaire Cabèche très jeune à cette époque. Lui qui avait sacramentellement été l’unique parlementaire haïtien mutin à ce siècle qui avait mis à l’orée son narcissisme politique pour escrimer à corps et à cri au grande dame de la raison, le peuple haïtien face à la convention américano-haïtienne assujettie par les Yankees au corps législatif haïtien le 14 août 1915 quelques jours après l’arrivée des occupants américains et votée par l’étendu des députés le 6 octobre de l’année en cours. Ces derniers avaient rétrocédé le fatum de toute une peuplade sous le flegme des escadrons des américains pendant près de 19 ans.

«Par cette convention, nous décrétons pour le peuple haïtien la servitude morale en place de l’esclavage physique qu’on n’ose plus aujourd’hui rétablir. Elle compromet les droits de la Nation. La Chambre en la votant, a pris une grave responsabilité. Quand le peuple gémira dans les chaînes qui viennent de lui être forgées, quand les générations futures maudiront les mémoires des auteurs de leur infortune, je ne veux pas qu’on dise que j’ai été de ceux-là. Je ne permettrai pas que mon nom apparaisse au bas du procès-verbal de cette séance où a été opérée la vente de tout un peuple par quelques-uns de ses membres>>, avait scandé, le député des Gonaïves.

Face à cette occurrence jugée malapprise, ce valeureux politicien artibonitien avait inséré dans le calepin de l’histoire parlementaire des haïtiens son substantif en donnant sa démission après avoir prononcé un tonnant discours par devant les responsables américains présents dans l’antre du parlement le 14 Août 1915. Une prise d’aplomb consistant et renforcé par la persuasion vaticinée du natif de la cité de l’indépendance qui avait su chamailler pour que son nom ne soit pas mentionné au bas du procès verbal qui parachevait la vente du peuple haïtien aux squatters nord de l’Amérique.

» Je remets ma démission de député de la 28ème Législature, en criant une dernière fois : Je proteste au nom du peuple haïtien, au nom de ses droits, de sa souveraineté, de son indépendance, contre le projet de convention américano-haïtienne. »

Quel dépassement de soi! Quel héroïsme de la part du jeune médecin de la ville de Jacques Stéphen Alexis!

Près de vingt-deux autres législatures se sont succédé mais jamais aucune d’entre eux n’a pas eu le filon d’enfanter un autre député ou sénateur de la mouille de Raymond Cabèche. Quelqu’un pouvoir échanger sa mandature de parlementaire pour guerroyer pour l’intérêt de la majorité sans distinction aucune et surtout l’intégrité et la souveraineté nationale foulées aux pieds des puissances étrangères depuis son ascension au tuyau des pays libres du monde.

Avec la venue de la constitution du 29 Mars 1987 où elle a transmis la possibilité aux citoyens d’être élus au suffrage universel direct à fin de prendre siège à l’hémicycle du bicentenaire en abolissant la dictature des Duvalieristes, le parlement haïtien a essuyé dans son sein des affronts négatifs avec des sénateurs et députés exterminateurs qui se consacrent excessivement à faire leur beurre avec un fameux discours <<Tout pour eux rien pour la masse>>. Depuis, le pouvoir législatif fait marche à reculons. Et personne n’oserait dire qu’un jour un nouveau Raymond Vilaire Cabèche serait né.

RICHEMOND Johnson

Auteur : Richmond Johnson

Richmond Johnson richmond85@gmail.com Twitter: @richmond85 Tel: 509 3630-4052 / 509 4009-0452

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