Publicités
Robinson Jerome 4 avril 2019

Cette vaste enquête sur l’évasion fiscale a été menée il y a trois ans par 100 rédacteurs en chef sous la direction du Consortium of Investigative Journalists.

Trois ans après cette enquête mondiale sur les avoirs cachés à l’étranger par des fraudeurs fiscaux et des réseaux criminels, ICIJ, propriétaire du projet avec plus de 100 salles de rédaction dans 76 pays, s’est engagée à dresser un bilan de l’argent récupéré à ce stade par les différentes administrations fiscales. Il a demandé à ses partenaires médiatiques, notamment The World et le journal allemand Süddeutsche Zeitung, qui a obtenu les données sous-jacentes aux Panama Papers.

Au total, le compteur s’arrête sur ce chiffre: 1,06 milliard d’euros recouvrés par les administrations fiscales en impôts et pénalités. Certes, cette somme globale est faible comparée aux centaines de milliards d’euros perdus chaque année par la communauté internationale, en raison de la fraude fiscale et des écrans offerts aux fraudeurs par les paradis fiscaux , comptes bancaires rattachés à des sociétés écrans, hommes de paille, fiducies, fondations, etc…

A rappeler qu’Haïti offre une ride légèrement différente. Ils sont une fenêtre sur la façon dont les politiciens connectés utilisent leur proximité du pouvoir pour négocier des accords douteux au nom d’intérêts privés.

Les observateurs de longue date d’Haïti disent que c’est une vieille histoire enracinée dans la culture politique. Comme pour de nombreuses transactions offshore de Mossack Fonseca, il s’agit d’un labyrinthe complexe de connexions transfrontalières.

L’accord sur le pétrole en Haïti est né en 2014. Haïti cherchait le moyen de combler un déficit de 120 000 barils de pétrole par mois au Venezuela et de réduire ses coûts en carburant. Le pays s’est tourné vers la Trinité-et-Tobago, riche en pétrole.

Tandis que cela se déroulait publiquement, dans l’ombre, une clique politiquement liée manoeuvrait pour obtenir une partie de l’action, les enregistrements filtrés de l’émission Mossack Fonseca.

En août 2012 à février 2014, René a dirigé le Centre de facilitation des investissements (CFI). C’est le bras du gouvernement haïtien qui encourage les investissements. En tant que chef du CFI, René a plaidé en faveur de la conclusion d’un accord sur le pétrole avec Trinidad, a déclaré le ministre haïtien du Commerce de l’époque.

Mais René travaillait également avec Mossack Fonseca pour mettre en place des offshores qui pourraient tirer profit de l’accord pétrolier, selon un courrier électronique dans les fichiers MF du 27 janvier 2014. Cet effort, décrit dans un courrier électronique ultérieur, impliquait l’obtention du droit exclusif de faciliter les importations de pétrole trinidadien, selon les documents du cabinet d’avocats.

Les dossiers de MF indiquent que cinq jours avant que les ministres du Commerce haïtien et de l’énergie de Trinidad aient signé l’accord de coopération énergétique dans un hôtel de Port of Spain le 28 juillet 2014, René alors conseiller spécial du Premier ministre Laurent Lamothe était frénétique cherchant à obtenir une procuration du cabinet d’avocats du Panama afin de constituer une société haïtienne pour saisir cette occasion.

Selon les chiffres obtenus par The World au ministère de l’Economie et des Finances, les dossiers clôturés à ce jour ont généré près de 120 millions dollars de recouvrement en droits et pénalités. C’est l’un des montants les plus élevés identifiés par les partenaires de l’ICIJ, inférieur au record établi par le Royaume-Uni 330,5 millions d’euros, mais comparable aux 163 millions d’euros de l’Allemagne ou 146 millions de l’Espagne.

Robinson, JEROME

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils