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La Redaction 21 avril 2018

La précarité et l’insécurité dans les quartiers populaires : le gouvernement haïtien doit assumer ses responsabilités
Durant les trois dernières semaines, les quartiers populaires et bidonvilles de la partie Sud de la capitale sont devenus le théâtre des actes de violences et de criminalités où les groupes armés s’affrontent sur le regard passif des autorités gouvernementales et policières. Cette situation malheureuse entraine des violations flagrantes des droits humains tant pour les habitants de ces quartiers que les usagers de qui doivent empointer ces quartiers pour des raisons diverses.
Le Collectif Défenseur Plus se sent préoccupé par cette situation tout en rappelant que les bidonvilles et les quartiers populaires sont des endroits qui sont victimes de l’exclusion sociale et économique de la part des autorités et les élites économiques du pays.
Le Collectif Défenseur Plus constate avec amertume dans les zones bidonvillisées et les quartiers populaires, les services sociaux de base font complètement défauts où se nourrir, se soigner, s’éduquer sont devenus luxueux pour les membres de ces populations. ce qui facilite les opérations des groupes armés dans le pays et l’instrumentalisation politique de cette misère par les autorités gouvernementales et certains partis politiques et groupes économiques du pays.
Après avoir annoncé des représailles à Port-au-Prince, les groupes armés ont passé à l’acte dimanche 8 avril dans l’après-midi où des quartiers proches de Martissant et du Bicentenaire sont devenus la proie des bandits de toute sorte et de véritables déserts. Des déplacements forcés de nombreux résidents pour essayer de se mettre à couvert sont constatés, alors qu’on est à la fin de la période scolaire, les écoliers se rendent en salle de classe complètement paniqués ; toutes les activités sont quasiment paralysées. Ces gens armés constituent la principale source d’insécurité et de banditisme dans l’aire métropolitaine de la capitale, ils sont impliqués dans des trafics d’armes, se livrent aux pillages des habitants, et s’adonnent à des guerres de territoires. Les meurtres, les vols, les viols et les enlèvements font partie de leurs méthodes de répressions et arbitraires. Personne n’est épargné, un exemple assez récent, clair et regrettable est la disparition du journaliste-photo Vladjimir LEGAGNEUR dans le cadre de son travail, dans le quartier populaire de « Gran Ravin ».
Le Collectif Défenseur Plus tient à rappeler aux forces policières que tous les gens qui habitent dans ces zones ne sont pas des bandits. Par conséquent, lors de leurs interventions consistant à réprimer les gens armés dans ces différentes zones, elles doivent faire en sorte de ne pas provoquer des dommages collatéraux. La police qui constitue l’élément moteur pour assurer la sécurité de la population sur tout le territoire, doit agir avec impartialité elle n’a pas à privilégier une classe sociale sur une autre. Car conformément à la constitution de 1987:« L’Etat a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. » (Article 19 de la constitution 1987).
Le Collectif Défenseur Plus, ayant l’obligation de défendre les droits humains, demande aux responsables de la Police Nationale d’Haïti (PNH) de prendre ses responsabilités vis-à-vis de la population de ces zones. Tout en rappelant que la mission de l’institution policière est de : « maintenir l’ordre, la paix, la sécurité, la tranquillité et la salubrité publique » (art 7.3) ; « Contrôler la détention et le port d’armes sur le territoire national » art 7.5 ; « Contrôler toutes les voies de communications terrestres, maritime, portuaires et aériennes » (art 7.9). Il est important de se signaler que, certains jeunes livrés aux actes de banditismes sont des victimes de la société car ils n’ont pas accès aux services de base, pour cela, le collectif Défenseur Plus demande au gouvernement de prendre en compte les multiples problèmes que confrontent ces quartiers précaires et de mettre en place des programmes de socialisation, d’encadrement et d’intégration pour les jeunes et les habitants des quartiers populaires et bidonvilles.

Fait à Port-au-Prince, le 19 avril 2018

Fedgens POINT DU JOUR
Co-directeur

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