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La Redaction 12 mai 2020

Point de vue citoyen sur le banditisme grandissant en Haïti…
28 novembre 1985 : Assassinat de trois (3) écoliers aux Gonaïves 29 novembre 1987 : Massacre d’électeurs à la ruelle vaillant (14 morts officiellement) 1er et 13 novembre 2018: massacre de la saline (71 morts selon le rapport de la RNDDH)
4 novembre 2019… : Massacre à Bélair (14 morts, 21 maisons incendiées… selon RNDDH) 24 avril 2019 : Massacre de carrefour-feuille (8 morts et 12 blessés selon Fondasyon Je KLere) Etc…

Au fond, nous appuyons sur trois éléments pour produire notre réflexion sur ce sujet :Primo, ces groupes armées se trouvent le plus souvent dans les quartiers populaires souvent appelés zone de non droit, et très souvent, logés dans des bidonvilles en périphérie des villes. Secundo, dans les zones où les groupes armées naissent, croissent, s’établissent, et meurent, même les services de base sont quasi-inexistants Et enfin, ces zones sont souvent surpeuplées (Surpopulation), en effet, il y a toujours dans ces zones, une augmentation préoccupante du nombre et de la proportion des personnes qui y habite.

L’Etat haïtien récolte ce qu’il a semé
Des yeux simples pour des phénomènes simples, des yeux complexes pour des phénomènes complexes. Donc, de part de sa complexité, l’insécurité grandissante dans le pays nécessite des yeux complexes pour le regarder, l’aborder dans un sens ou autre, avec beaucoup plus d’intelligence. C’est pourquoi, ce serait peut être mieux d’éviter, nous tous, d’allumer tous nos projecteurs sur les conséquences tout en ignorant les véritables causes. Ainsi, nous serions, sans doute, en mesure de poser les bonnes questions capables de nous diriger vers de bonnes pistes de solution :

Pourquoi presque toutes les opérations (stratégies) de l’Etat haïtien se révèlent toujours inefficaces voire vouées à l’échec dès le départ ?

En fait, les groupes armés (bandit pour certains, et, victimes du système pour d’autre) que l’on identifie partout dans le pays, opérant journalièrement et qui sèment la terreur dans leurs zones d’influences ne sont autres que le résultat de nos politiques deux poids deux mesures. En effet, l’Etat haïtien qui devrait être partout et le même pour tous a raté malheureusement sa vocation. Sa vocation d’arbitre, de régulateur, sa mission d’assurer le bien-être de tous ses citoyens. En effet, il les crée par, par sa vision simpliste des choses, par son anomalie de la vision sur le futur, par sa façon dont ils organisent ses élections (prendre et conserver le pouvoir), par sa façon d’élaborer, d’orienter ses politiques publiques (nèganwopajwennmenmsèvisaknèganba, nèglavilpajwennmenmsèvisaknègandeyò) ; tout est réglé, discuté, négocié au niveau central sans prendre en compte les besoins au niveau local.
Indiscutablement, cette situation frustrante générée par l’Etat, mis en place par tout un système (voyez bien la faussée entre les riches et les pauvres ici) crée une inégalité criante : une minorité détient la majorité, pour ne pas dire, presque toute la richesse du pays. Cette concentration de la richesse du pays qui est effectivement intenable s’accompagne d’une concentration de plus en plus grande du pouvoir politique, de la capacité d’influencer les élites, les décisions voire les élections. Ce niveau d’inégalité crée des obstacles à l’éducation, des obstacles au bon fonctionnement de notre démocratie et rend le pays de plus en plus instable, donc une situation insécuritaire (insécurité alimentaire, insécurité sociale, banditisme, etc… ).

En réalité, l’Etat haïtien récolte ce qu’il a semé, il a préféré de semer, pendant plusieurs décennies, l’inégalité, en retour, il récolte des groupes armés, probablement, leur unique moyen capable d’assurer son renouvellement. Etant véritable handicape de la croissance et véritable frein au développement, les inégalités que l’Etat haïtien génère, créent martissant et autres pour semer « Martyr ’sang », probablement seul antidote de sa survie. Cette affirmation est justifiés lorsque l’on essaie de savoir comment et d’où viennent ces armes de haut calibre que possédaient ces gens aussi vulnérables, qui peinent à manger à leur faim? Des armes et des munitions dont ne dispose même pas la Police Nationale d’Haïti (PNH) ? Où est passé le contrôle des frontières ?»
En définitive, demander à cet Etat de freiner ces groupes armés c’est demander aux planteurs blancs, à saint Domingue, de cautionner les idées révolutionnaires des esclaves. Alors, dans le combat effréné contre le banditisme en Haïti, ne serait pas plus intelligente d’essayer de combattre les laboratoires produisant ces groupes armés au lieu de combattre leurs produits qui, après transformation, fabrication ou construction, ont été distribuées partout sur le territoire?

Recherche et rédaction : Jérôme CLERVAL

Sources :

Bourcier Nicolas,« Haïti : retour à la Saline, Théâtre d’un massacre à huis clos », le monde, Janvier 2020

https://www.haitilibre.com/docs/minujusth_hcdh_rapport_la_saline.pdf

Newdescarl SAINT FLEUR, « Au banditisme légale, des solutions sociétales ? », Le nouvelliste, 7 mai 2019

Rapport RNDDH, « Massacre au Bel-Air : Banalisation du droit à la vie par les autorités » 17 Décembre 2017/No6,20 pages

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