Hits: 1

Ce dimanche 18 novembre, 215 ans après que les Haïtiens ont battu l’armée française aboutissant à l’indépendance de la première République noire de l’histoire, une grande manifestation s’est déroulée dans plusieurs villes du pays, contre la dilapidation des fonds PetroCaribe et le départ de Jovenel Moïse. Ce dernier peu bavard dans un bref message pré-enregistré, de 7 minutes environ, s’engage à placer Haïti sur la route du développement au jour même où s’organise contre lui une vaste démonstration à travers le pays pour exiger son départ du Palais National.

Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs points de la capitale. Plus qu’un discours contre la corruption, le ton est majoritairement opposé à Jovenel Moïse, que certains qualifient “d’ancien président“, qu’ils veulent remplacer par un juge de la cour de Cassation. Ils ont parcouru l’autoroute de Delmas et certaines artères de Pétion-Ville avant de longer la Route de Bourdon et l’Avenue John Brown (Lalue), avec pour objectif de terminer leur marche devant le Palais National.

Au centre-ville, l’air est envahi par les fumées des barricades. Les grands axes de la capitale sont désertés, beaucoup encore jonchés de pierres/branches. Sans affronter la police qui protégeait les abords du palais présidentiel, les manifestants sont passés sur la place du Champs-de-Mars. Ils continuent leur marche en multipliant les barricades enflammés, en direction du siège du parlement.

La mobilisation citoyenne contre la corruption était prévue, non seulement à Port-au-Prince, mais aussi à Petit-Goave (département de l’Ouest), au Cap-Haitien (Nord), aux Gonaïves et à Saint-Marc (Artibonite), aux Cayes (Sud), à Jérémie (Grande Anse, une partie du Sud-Ouest d’Haïti), à Ouanaminthe (Nord-Est) et à Jacmel (Sud-Est).

Comme bilan partiel, la manifestation a fait 2 morts et plusieurs blessés par balle au niveau de Pétion-ville. Au niveau de Cap haïtien, les correspondants rapportent la mort de deux personnes et plusieurs blessés. A Petit-Goâve, il y aurait un mort et plusieurs blessés toujours par balle. Une autre personne aurait été tuée dans la ville de Jacmel. Une personne à Miragoâne et plusieurs blessés. Et, cinq à Port-au-Prince, sans oublier plusieurs blessés.

Des pneus enflammés sont remarqués et des casses importantes sont enregistrées par des manifestants en colère contre la Police Nationale D’Haïti qui, selon eux, serait responsable des personnes tuées par balle lors de cette manifestation.

Des gangs font la loi à Martissant et ses environs. Ils sèment la terreur depuis la matinée dans la zone de Grand-Ravine. Ces gangs rivaux plongent la localité dans une atmosphère de panique où plusieurs citoyens sont victimes de balles. La cadence des tirs est semblable à celle des zones de guerre, comme la Syrie.

Toutefois, les Petrochallengers se disent satisfaits de cette journée historique. «La journée a été un succès. Nous sommes très satisfaits. Les gens sont sortis en grande foule pour soutenir la cause, pour dire non à la corruption », a confié Magalie Louis, étudiante en Sociologie à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH), insistant sur le fait que la « bataille est une bataille contre la corruption ». « On ne fait que commencer », a-t-elle indiqué.

Notons que le secteur démocratique a donné une conférence de presse après cette journée de manifestation. Selon les dirigeants, le bilan de cette journée est de 11 morts, 47 blessés et 75 arrestations.

Snayder Pierre Louis

Publicités

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.