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La Redaction 21 août 2018

La période d’examens, surtout les examens finals, un moment de pression extraordinaire pour les parents et écoliers de faible moyen.

 

Mes parents avaient beaucoup lutté pour m’envoyer à l’école. Comme ils n’avaient pas eu de grands moyens, je ne voulais pas les faire honte. De ce fait, j’avais pris mes études en main. Pour étudier, très souvent, j’avais enlacé la tête car très souvent mes maux de tête étaient d’origine la faim. Parfois, j’avais dormi sans rien dans le ventre. Le lendemain, j’étais obligé de me rendre à l’école encore sans rien dans le ventre. Parfois, mes profs étaient en train de dispenser des cours quand je m’imaginais à ce que j’allais trouver chez moi après les cours. Mais le pire, c’est que, après avoir été revenu, je n’avais rien trouvé comme nourriture à la maison.

 

Parfois, quand maman m’avait regardé aux yeux, j’avais vu ses yeux remplis de larmes. Mais moi, au lieu de pleurer, je lui ai dit que les choses n’allaient pas rester comme ça. Malgré tout, mes mots ne pouvaient pas la conforter… J’avais préféré négliger mes amis que mes leçons. Le nombre de nuits blanches que j’avais passé à étudier ne peut pas être déchiffré et ceci dit, je n’avais que des bougies pour m’éclairer. J’étais devenu tellement brillant que les écoliers de toutes les classes de l’école cherchaient à me reconnaître. Et mes profs, même s’ils m’avaient parfois traité de fou à cause de mes raisonnements, m’avaient beaucoup aimé parce que j’avais toujours su mes leçons et j’avais toujours rédigé mes devoirs. Certains profs m’avaient donné des livres en cadeau pour mon dévouement. Mais je n’oublierai jamais que j’avais passé la classe de Huitième avec un seul livre, un livre créole. En absence de ce livre, je n’avais que quelques cahiers. Mais malgré les obstacles, j’étais enfin admis en philo après des années.

 

Toujours brillant mais renvoyé de temps en temps car mon écolage ne pouvait pas être payé. Malgré tout, j’avais eu des groupes de travail. Parfois, nous avions devancé les profs car dans nos groupes, nous avions travaillé toutes les matières. Anémié, j’avais commencé par voir trouble. Et mes maux de tête étaient accentués. Des jours passèrent, le baccalauréat approchait. Quelque temps avant l’examen, maman a vendu l’un de ses lits pour commencer à payer mon écolage. Quelques jours après, elle avait commencé par vendre certaines des autres choses qui étaient d’une valeur plus grande dans la maison. Mais comme nous étions pauvres !… Malgré tous ses efforts et tous ses sacrifices, il nous manquait 700 dollars. Il ne restait que quelques jours pour l’arrivée du bac.

 

Après des démarchages, maman ne pouvait pas trouver quelqu’un qui aurait pu et voulu l’emprunter ou l’escompter de l’argent. Et voilà qu’il ne manquait que 3 jours. Manman commençait par pleurer. J’avais été poignardé atrocement et très profondément à cause de cela. Elle avait téléphoné le directeur mais hélas, il n’avait pas décroché. Elle avait vite lavé son visage et elle était sortie à destination de l’école. Elle y avait été arrivée et reçue par la secrétaire. Quelques minutes après, elle avait été présentée au directeur. Sans l’écouter entièrement, le directeur lui avait dit : “Ton fils n’aura pas sa fiche tant que vous n’acquittez pas entièrement.” Il s’était levé et laissa maman assise à la direction. Maman, vexée et honte, avait pleuré. Il nous restait qu’un seul jour enfin.

 

Appel sur appel, mais on dirait que la nature s’était dressée contre nous. Maman avait prié mais ses prières semblaient être restées aux alentours de nous. Je lui ai dit : “Maman, tu as beaucoup fait chérie. Mais hélas, je vais perdre l’année scolaire.” On dirait que mes mots l’avaient poignardée car elle avait pleuré beaucoup plus après m’avoir entendu. Je lui ai dit : “Tu es vivante maman, et je suis aussi vivant. Ne te fatigue pas. Perdre une année scolaire ne nous enlève pas la vie pour autant.” Ses larmes avaient été diminuées. Et le jour vint. Maman s’était retournée à la direction mais, on dirait que le directeur donnait plus d’importance à un chien qu’à elle. Et finalement, j’avais perdu le bac. Ce jour-là, elle a pleuré comme quand papa avait avalé son acte de naissance. Ce souvenir ne peut être effacé dans mon coeur.

 

Durant l’année qui allait suivre, j’étais obligé d’aller à l’école le soir et je cherchais quelque chose à faire pour pouvoir payer mes études. Malgré les humiliations, j’avais été lauréat aux examens du baccalauréat. Après, malgré les obstacles de tout genre, mes études étaient prolongées après philo. Et voilà que maintenant je n’ai pas seulement une école mais j’ai des entreprises et je suis très humaniste. Et ceci, j’ignore mon niveau; ce que je sais, c’est que je ne suis pas plus important que qui que ce soit. Ne découragez jamais car les déceptions et les humiliations aident à progresser. Il se peut que votre situation disons vos déceptions n’aient pas eu lieu à cause d’une fiche, mais quoi qu’il soit, soyez assez motivé pour voir les choses d’un oeil hors commun car les obstacles ne font que booster celui qui est motivé. Et ceci dit, il n’y a pas un âge pour réussir. Derrière votre chagrin pourrait se cacher votre joie. Et je tiens à m’adresser à tout le monde: Ne sous-estimez jamais autrui. Nous voyons l’aujourd’hui mais nous n’avons pas l’exactitude du demain. Supportons les uns les autres car on pouvait être à la place la plus minimisée. C’est l’argent qui nous classe mais nous ne sommes qu’humains. Soyons humanistes et optimistes. Soyons sages et agissons avec discernement.

SULLY JÉVELT

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