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La Redaction 13 avril 2020

Ma génération a grandi à l’aube de deux grands phénomènes qui ont totalement transformé la société et les relations interpersonnelles : La vulgarisation de l’internet et l’émergence des réseaux sociaux (Myspace, facebook, twitter, etc…). L’année 2020, a débuté sur fond de crise mondiale, avec l’épidémie du Covid-19 qui est très vite devenue une pandémie. Cette fois-ci, c’est un petit virus et non une nouvelle technologie qui a chamboulé, en un rien de temps, la vie sociale et l’économie des habitants de (presque) toute la surface du globe terrestre. Un tremplin qui nous permet néanmoins de prendre du recul ou de méditer sur la vie, pour la plupart cloîtrés à la maison, notre quotidien bouleversé par la menace d’attraper le virus juste en sortant au coin de la rue. Les réseaux sociaux se révèlent donc à la fois comme des boucliers et/ou des ponts pour nous relier à nos proches et amis. Pourtant, en guise de relais, la mondialisation a rapproché l’humanité, car des pandémies ou épidémies désastreuses ont déjà frappé la population mondiale dans les siècles passés. Les rapports avec l’autre aussi bien qu’avec soi-même n’ont jamais été aussi saillants ni à fleur de peau.

L’humanité n’a jamais été aussi fragile, ni démunie. J’ai appris depuis peu à m’aimer telle que je suis, en acceptant mes qualités et ma force tout en reconnaissant mes faiblesses et mes limites. Je vous laisse apprécier ce poème qui date d’avant le covid-19.

Lettre à mon corps

Silence, muette commotion…
Ce corps, étrange obus
Ne m’appartient pas,
Comme une voyageuse
Ayant raté l’ultime train
Dame nature a déjà tranché:
Deux petits seins,
Des fesses à peines rebondies
Un corps mi-femme mi-enfant
Visage poupée de cire.

Cette chevelure granulée
Que je corrige toutes les huit semaines
Des lèvres à peine violettes
Aux contours café au lait
Une enveloppe-emblème chocolat au parfum de vanille
Et cette hanche, rêche, disloquée
Ne souhaitant que s’enlacer de miel, de désirs
Des jambes fines et cocasses
Des genoux passionnés et altiers
Des phalanges tâtonnant vers l’aventure.

A priori,
Je n’ai jamais voulu de ce corps,
Je l’ai aimé par hésitation
Du bout des doigts
Comme un poignant coup de foudre
Seule, devant mon miroir
Et face à la lumière.

Sarita Cynthia Pierre

© http://www.poesieetmemo.com

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