Publicités
Robinson Jerome 21 mars 2019

 

L’actuel changement de gouvernement représente une nouvelle étape dans le processus de crise politique que connaît le pays. Cette dernière est appelée à s’approfondir le surcroît d’autoritarisme affiché, loin d’y apporter une solution ne fait que l’aggraver. Avec la nomination d’un nouveau premier ministre.

L’exécutif tente de tourner la page du grave échec qu’il venait de subir, ce au prix de la mise à l’écart du Premier ministre Céant. Il a feint de pouvoir ignorer le nouvel échec essuyé avec les élections qui vont se dérouler en novembre . La politique économique du gouvernement et les invitations à engager un changement de cap, médiatisés comme une fronde , a conduit M. Céant à décider de ce qui peut être compris comme un coup de force purger le gouvernement de ses éléments critiques, pour officialiser par quelques mesures phares et déclarations tonitruantes que le tournant du quinquennat se fait par un changement du gouvernement .
Il est inédit que, confronté à des défis de plus en plus alarmants tant sur le terrain social et économique, un pouvoir en place, plutôt que d’en appeler à surmonter les divisions au sein de sa majorité, parie sur leur aggravation, assume l’affaiblissement en résultant, voire le provoque. Ce nouveau gouvernement, qui ne peut plus compter sur le soutien de la totalité de son propre parti et de sa majorité parlementaire, devra de plus en plus parier sur un possible soutien de la rue pour obtenir la confiance du Parlement et de L’exécutif. A moins que l’objectif de M. Ceant était de s’accrocher au pouvoir.
En tout état de cause, l’autoritarisme aggravé du pouvoir est à la mesure de la réduction à minima de son autorité politique. Au point que sa légitimité démocratique en est mise en cause, ce qui peut rapidement conduire à sa chute. Une telle situation, qui a vu en quelques mois la crise politique s’aggraver, à la majorité gouvernementale, puis de celle-ci au gouvernement lui-même, vaut invitation à appeler à un sursaut démocratique, à une mobilisation sociale et politique par laquelle le peuple prenne la parole.
La politique d’austérité et l’autoritarisme qui l’accompagne nécessairement est à l’origine des crises socio-économiques et politiques auxquelles on assiste sous des formes diversifiées. Massacrer l’emploi, baisser les salaires, détruire les services publics, laminer les acquis sociaux, ce n’est pas ainsi qu’on répondra à la crise systémique. Faute de perspective d’un nouveau modèle de développement, les classes dirigeantes haïtiennes sont engagées dans une fuite en avant ultralibérale, il n’est à leurs yeux d’autre impératif que la défense des profits, principalement financiers, au prix d’une régression massive des droits et acquis des salariés et des classes populaires. Cette politique-là mène nos sociétés dans le mur. L’exigence centrale de la situation est de rompre avec elle et d’ouvrir une voie alternative. Cette exigence se fait de plus en plus pressante et place toutes les forces politiques devant un choix incontournable.
Il faut travailler à réunir les conditions d’une crise socio-économiques et politique en mesure de gripper le fonctionnement des institutions, de casser la logique d’austérité et de changer les termes du débat public. Face à ce qui est perçu comme une régression démocratique, il est nécessaire de mettre en débat ce que pourrait être une révolution démocratique. Quels rôles des institutions politiques dans ce processus et des expérimentations à la base ? Comment déployer la force des multiples actes qui dans la société portent des exigences de vie démocratique, d’autres rapports sociaux, d’autres rapports économiques ?
Une telle perspective appelle à appuyer tout ce qui rassemble, à s’adresser à toutes les forces, courants, luttes, réseaux militants qui veulent une autre politique. Il s’agit de défendre des propositions, de mener le débat sur les contenus, de créer la confiance en la possibilité d’une autre politique, avec une autre majorité, et cela sans attendre.
Le message envoyé par le président Jovenel Moïse à M. Céant à leur majorité et à leur propre parti est que cette question sur les choix politiques auxquels nous sommes confrontés est un débat interdit. Face à ce diktat il faut appeler tous les citoyens, tout les militants et toutes les militantes et responsables politiques à s’engager sérieusement pour résoudre cette crise systémique.

Robinson, JEROME

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils