Le Gouvernement Moise-Céant veut appauvrir les producteurs de riz de l’Artibonite

 

Pour certains experts, la subvention du riz par le gouvernement haitien vise à long terme la destruction de la production de riz dans l’Artibonite. Dommage ! « si pour apaiser la tension dans les rues le gouvernement Moise-Céant mise sur la baisse du prix des produits de base de la mangeaille, il risque gros dès le moyen terme avec le sursis exceptionnel d’une durée indéterminée accordée aux quatre importateurs de riz sur leurs chiffres d’affaires. Faire passer le prix du riz de 50 à 35 gourdes en un clin d’œil ferait du Premier Ministre Jean Henry Céant un habile prestidigitateur prêt à plonger le peuple dans l’illusion d’un soudain bien-être économique……Cette mesure avec une durée indéterminée est contradictoire et mettra définitivement un terme à la production nationale du riz » a estimé Jean Poincy dans le Nouvelliste publié le 22 Février. Les dirigeants haitiens sont des bluffeurs. Ils pensent que résoudre le problème de la vie chère en Haiti se résume à faire baisser le prix du riz sur le marché. Quelle outrecuidance ! C’est du saupoudrage. Haiti consomme entre 450000 à 500000 tonnes métriques de riz annuellement. Le pays en produit 100000 tonnes ! En faisant baisser le prix du riz sur le marché, que vont-ils faire avec les agriculteurs de l’Artibonite qui vivent de la production de riz. Et puis, est-ce le riz le seul produit que les Haitiens consomment ? Tout le temps, il s’agit de découvrir St. Pierre pour couvrir St. Paul. Les paysans de l’Artibonite doivent faire un « leve kanpe » contre ces mercenaires à cravate.

« La décision de l’administration Moïse/Céant de ne pas percevoir de TCA sur l’importation de 60 000 tonnes métriques de riz de quatre importateurs en vue de stabiliser le prix du riz sur le marché haïtien a suscité plusieurs réactions. « Cette mesure est très court-termiste et n’apportera pas une solution soutenable », a estimé l’économiste Kesner Pharel, soulignant que « la meilleure façon de réduire les prix sur un marché est d’augmenter l’offre résultant de la production ». « Une politique agricole supportant la filière rizicole pourrait atténuer le problème. Ceci dit, le gouvernement ne dispose pas du temps nécessaire pour respecter les engagements pris par le Premier ministre pour calmer les esprits après le “lockdown” du pays durant une dizaine de jours au cours du mois de février » », a estimé Kesner Pharel. Je vous invite à lire l’article du Nouvelliste titré : Le riz subventionné loin d’avoir une bonne assiette de réactions. Pour cette administration qui prône la production nationale à travers la caravane, cette décision est qualifiée « d’impossibilité logique », a indiqué l’ex gouverneur de la BRH. « J’espère qu’au-delà des prisses de positions à la va-vite, il y aura des dispositions visant à favoriser les producteurs locaux » a souhaité Fritz Alphonse Jean.

 

Les producteurs de riz dans la Vallée de l’Artibonite sont livrés à eux-mêmes. L’histoire de Caravane qui a débuté dans Lagrange (Bocozelle), 5ème section de Saint Marc dans l’Artibonite est du feu de paille. Les paysans continuent à avoir des difficultés pour acheter de l’engrais. La rareté d’eau et le manque de machine agricole mettent le paysan dans une situation difficile. Le pouvoir en place ne subventionne pas les agriculteurs, ce qui se fait dans de nombreux pays dont les Etats-Unis et la République Dominicaine. La caravane de changement n’a rien apporté de substantiel dans l’Artibonite. Comme petit-fils de paysans de l’Artibonite, je sais que si on voulait mettre en valeur les 32 mille hectares de terre dans l’Artibonite, le pays serait mieux loti. L’Artibonite produit 66% de la production totale de riz. Même avec le prix de 50 gourdes pour la petite marmite de riz, le paysan ne fait pas de gros bénéfices(profits) puisqu’il passe tout son temps dans son jardin. Il n’a pas de loisir. Les paysans travaillent durement pour avoir ces 100 tonnes métriques de riz par année. Quand on demande aux paysans de vendre leur riz à 35 gourdes, on leur dit tout simplement de ne pas produire, et le gouvernement ne prévoit pas de donner une subvention à ces producteurs. Alors que les importateurs ont des exemptions d’impôts, ce qui est contraire à la loi. Le gouvernement travaille pour favoriser les hommes d’affaires au détriment des paysans.

 

« Pendant que le Sud‘Est d’Haïti se la coulait douce à son carnaval (patrimoine national à encadrer), son cacao organique de Thiotte s’écoulait aussi doucement au salon du chocolat de Belgique grâce à la République Dominicaine. En effet la république dominicaine avec 225 millions de dollars d’exportation est devenue le leader mondial d’exportation de cacao organique, fin, aromatisé (haut de gamme) dont une bonne partie est produite et importée d’Haïti. Certes, Haiti participe à certaines foires internationales de chocolatiers. Toutefois, sans financement, route, recherche et développement, main-d’œuvre qualifiée et marketing, ces marchés nous sont inaccessibles. En réalité, une partie de la production organique frontalière d’Haïti (café, cacao, avocat, riz organiques) est financée puis achetée par le secteur privé dominicain pour être réexportée vers des niches de marché internationales à haut rendement. Haiti a toujours refusé de faire comme la République Dominicaine qui a décrété sa zone frontalière “zone économique spéciale”, avec un cadre incitatif exceptionnel (crédits spéciaux, avantages fiscaux, écoles techniques…). Si le modèle économique est de co-produire avec la RD, qu’on l’assume, qu’on le négocie carte sur table, qu’on l’encadre et que les bénéfices soient équitables pour tous. Sinon, qu’on prenne les décisions en conséquence pour un pays qui a tant besoin de devises et d’emplois. Il y a lieu d’encourager les chocolatiers haïtiens qui ont déjà pris les risques et montré la voie. »

 

L’Etat haitien a investi dans la formation de bon nombre d’agronomes qui auraient pu être utiles à la communauté, mais ils ont déserté Damien et les autres fermes agricoles du pays. Quand est-ce que l’Etat haitien va s’asseoir avec le Ministère de l’Agriculture, le Ministère de la Planification, le Ministère de l’Economie et des finances, et le Ministère de l’Environnement pour prendre des mesures pour relancer la production nationale ? L’Etat haitien travaille au profit de la République Dominicaine, deuxième partenaire commercial d’Haiti. L’Etat haitien ferme ses yeux sur ce qui se passe dans le Sud-Est où les produits de Thiotte sont exportés vers la République Dominicaine pour un « kraze monnen », alors qu’Haiti pouvait profiter de ces produits. Le Bustello que les Dominicains vendent aux Etats-Unis et un peu partout dans le monde, c’est du café haitien. Revenons à l’Artibonite. « L’irrigation permet deux récoltes par an : une récolte principale d’Octobre à Décembre (récolte de la saison des pluies) et une récolte de Mai à Juillet (récolte de la saison sèche.) » La dernière fois que de grands travaux d’irrigation ont été réalisés dans la Vallée de l’Artibonite c’était en 1950 par une firme américaine, la Knappen Tippets Abbett Mac Carthy Engineers. Haiti a 281500 hectares de terre cultivables, seulement 70000 hectares de terre sont irriguees dont 32000 dans l’Artibonite. Si l’Etat haitien était sérieux, il chercherait à irriguer les ¾ de terres non irriguées. Jusqu’à quand nos dirigeants vont continuer à être des mercenaires en mission pour la République Dominicaine.

Je ne considère pas la République Dominicaine comme un pays ennemi. Les Dominicains savent comment négocier et tirer profit. Il revient à l’Etat haitien d’agir comme un Etat responsable. Si nous continuons ainsi, dans quelques années, on aura une grave crise alimentaire dans le pays surtout avec les cyclones et la saison sèche. Quand je regarde ce que fait Abner Septembre à Vallue et Arnoux Severin un peu partout, surtout dans le département de Nippes, cela fait rêver. Nous pouvons produire, l’Etat haitien et les agronomes qui vivent à Port-au-Prince et qui travaillent comme consultants en je ne sais quoi doivent retourner à la terre. Nos jeunes vont au Chili pour travailler dans les champs, ce qu’ils n’auraient pas fait en Haiti. Si on veut relancer la production nationale, il y a un travail d’éducation à faire pour sensibiliser le paysan à rester chez lui. Cela demande toute une politique et toute une série de mesures pour combattre l’oisiveté. Si un paysan ne fait rien de substantiel à Port-au-Prince, il doit retourner dans sa commune. Ainsi, il y aurait des bras pour travailler la terre.

 

J’ai entendu la voix des paysans de Bocozelle qui ne savent à quel saint se vouer. Les paysans de l’Artibonite sont de rudes travailleurs. J’étais étonné d’entendre le nom de Charles Suffrard faisant partie de la commission qui devrait faciliter le dialogue national inter-haitien. Heureusement, il a démissionné. Jovenel Moise et Jean Henry Céant n’ont pas la volonté de faire bouger les choses. Ils préfèrent mentir et leurrer le peuple. Je prédis que dans quelques mois, les députés du PHTK vont interpeller Jean Henry Céant à la Chambre basse pour lui donner un vote de non confiance. Le Président de la République et le Premier Ministre doivent gérer leur conflit, surtout que le FMI est dans nos murs cette semaine. La presse n’a rien pipé sur cette visite. Mais des experts du FMI sont en Haiti pour deux semaines. Si le gouvernement Céant-Moise était sérieux comme le dit Jean Poincy, il aurait réduit le budget de la présidence et de la primature de 30% et demander au parlement de faire de même. Ainsi, on pourrait avoir de l’argent pour investir dans la santé, dans l’éducation. Et avec les 400 millions perdus à cause de la contrebande, on pourrait bien relancer la production nationale. Le pays ne va nulle part avec ces têtes de mule au pouvoir. Tout ce qui les intéresse est de rester au pouvoir sans rien faire.

Le gouvernement Moise-Céant doit pouvoir trouver une formule magique pour réduire le train de vie de l’Etat et retirer du budget les dépenses inutiles. Après le Carnaval, les choses vont être corsées, car le pouvoir en place n’arrivera pas à tenir ses promesses de faire baisser le coût de la vie. Jusqu’à présent, la BRH ne propose aucune politique monétaire viable. Au lieu de prendre contrôle du marché de change où seules la BRH et la BNC sont autorisées à vendre des devises pour neutraliser les spéculateurs qui contribuent à faire grimper la gourde, la BRH préfère venir à la rescousse du pouvoir en place pour couvrir le déficit budgétaire. L’exécutif doit être responsable et il doit mettre en place une politique fiscale viable. Le gouvernement Moise-Céant veut appauvrir les producteurs de riz dans l’Artibonite qui sont déjà dans une situation précaire. Toutes les mesures que ce pouvoir prend sont dans l’intérêt des nantis. Nous n’irons nulle part avec ces bandits légaux au pouvoir. Voilà pourquoi ils doivent partir parce qu’ils ne peuvent pas gérer le pays efficacement et permettre aux plus pauvres de « rale yon souf ». Les agronomes et les économistes qui maitrisent leur science doivent être beaucoup plus proactifs pour dire à la population ce qui peut être fait et comment nous pouvons relancer la production nationale. Il n’est pas dans l’intérêt de nos dirigeants de travailler pour la relance de la production nationale. Ils sont payés grassement pour ne pas prendre ces genres de décisions. Même sécuriser la frontière pour combattre la contrebande peut être résolue en moins d’un an, mais ils n’ont pas la volonté. Que Dieu accompagne les paysans du pays qui travaillent dur pour produire des denrées alimentaires. Que Dieu vienne en aide aux producteurs de riz de l’Artibonite qui sont très frappés par la mesure prise par le pouvoir en place de faire passer la petite marmite de riz de 50 gourdes à 35 gourdes, ce qui est un manque à gagner pour eux. Que Dieu agit pour Haiti !

 

Kerlens Tilus 02/26/2019
Snel76_2000@yahoo.com
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