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La Redaction 21 juillet 2018

 

 

Dépouillé d’emploi ou d’un petit boulot dans un pays comme Haïti, souvent ça vous oblige à se jeter dans de situations indésirables. Telle que la mendicité. À preuve, selon un rapport publié en 2016 par un organisme international, maximum deux personnes sur 10 ont accès à 10 dola par jour. Une telle conjoncture ne vous laisserait peut-être pas indifférent. Et, quelle solution à envisager afin d’en trouver un sou pour une meilleure survivance ?

Depuis l’agonie de la dictature des duvalieristes(1957-1986) et surtout avec l’amincissement radical de la production nationale, le pays s’est livré à une montée en puissance du niveau de pauvreté, la succession répétée et continue de nos dirigeants “novice ” en est peut-être responsable. Les gamins et adultes pour ne pas citer les vieux, se sont tous astreints à une profession qui au fil du temps prend le galon parmi ceux qui rapportent de l’argent en Haïti. Il s’agît bien de la mendicité, une profession très lucrative et libérale pour ceux qui l’adhérent.

Selon le dictionnaire français disponible sur playstore et annoté en Mars dernier, la mendicité se définit comme étant état d’indigence qui amène à mendier.

Nous sommes à Cité Soleil, commune du département de l’Ouest où il était 10h 36 un matin du lundi 30 avril 2018 aux alentours d’un poste de police situé à proximité de la station menant dans le grand Nord du pays où on a pu approcher un jeune homme âgé de 24 ans portant une casquette bleue et muni d’un survêtement noir pour en recueillir quelques propos ayant rapport à ce qu’il pratique comme profession dans sa vie de personne. Sans détour et sans langue de bois, René Joseph du pseudo ti jèn, nous a livré un entretien.

Questionné autour de la raison qui l’a aiguillé à devenir mendiant, Tijèn a indexé l’État haïtien qu’il accuse de responsable des principaux maux de la masse défavorisée en Haïti qui n’a rien fait pour améliorer les conditions matérielles d’existence des habitants. Selon lui, depuis l’âge de 14 ans, faute de moyens économiques pour payer les frais de leur scolarité estimés à 4250 gourdes à l’époque, il était dans l’obligation d’emprunter cette voie qui l’a fait affronter pas mal de déceptions et d’humiliations. Mais à tort ou à raison, il a pu maintenir le cap pour en tirer un maximum de profit. Dit-il d’un visage espéré. Grâce à cela, Tijèn a pu grappiller les 10 gourdes et l’ont mis tous ensemble et aujourd’hui il est propriétaire de deux motocyclettes de marque “Haojin “et surtout copropriétaire d’un tap-tap assurant le trajet Delmas-Pétion-Ville. Par jour, René Joseph a la possibilité de collecter ou moins 750 gourdes. Une semaine compte 7 jours, donc on pourrait imaginer de quoi ça lui rapporterait pendant une année.

Poursuivi à notre kyrielle de questionnements, on a eu le filon à communier quelques grains de mots à un personnage visiblement abattu par les mauvais traitements, d’un visage désespéré et accablé, Michel Jean a pour sa part essayé de gloser sa traversée dans ce domaine mal vu. Depuis plus d’une quinzaine d’années, il fréquentait les différentes contrées de la capitale en vue de s’approvisionner. Sans cette assiduité devenue aujourd’hui un fait quotidien pour lui, ses trois enfants n’auraient nullement l’aubaine d’apprendre les vingt-six lettres de l’alphabet français. Actuellement, mon premier garçon est en deuxième année à la faculté d’Agronomie de Damien, Rassure M. Hector d’un ton ferme et esperé. Ce dernier a fait savoir que la misère et le mépris l’avaient condamné à devenir un mendiant en voulant éluder de ne pas être un braqueur ou fauteur de troubles car il se battait incéssemment pour maintenir non seulement sa dignité mais aussi l’avenir de ses enfants.

Sous couvert de l’anonymat, une jeune dame avec des bracelets portant la marque d’haïti a affirmé à notre rédaction que nombreux parmis ceux qui pratiquent cette activité ont vraiment tiré du profit en faisant des biens à port-au-prince ou en dehors de la capitale. Ils ont des tap-tap assurant de trajets à travers toute l’étendue du département de l’Ouest et possédant des lopins de terre dans leur région d’origine.

Donc si on prend en compte les témoignages de gens susmentionnés, on pourrait admettre que ce métier rapporte gros.

 

RICHEMOND Johnson
richemond85@gmail.com

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