Publicités
La Redaction 23 mai 2020

La jeunesse de la commune de Thomonde demande au Premier Ministre, Joseph Jouthe de présenter des excuses publiques dans une lettre ouverte. L’organisation Solidarité des Jeunes de Thomonde (SOJETHO) qualifie de grivois les expressions utilisées par le PM, qui selon elle ne fait pas honneur à la commune.

Lisez intégralement la lettre de SOJETHO ci-dessous.

Lettre ouverte au Premier Ministre Jouthe Joseph

SOJETHO répond au Premier Ministre Jouthe Joseph et  l’invite à présenter ses excuses publiques à la population Thomondoise suite à ses propos grivois

Monsieur le Premier Ministre, de votre parcours du ministère de l’environnement (ME) à la tête de la primature, vous n’avez jamais renié votre origine Thomondoise. Bien que traité avec dédain sous votre administration, vous avez souvent fait mention de cette ville hospitalière et verdoyante dans vos prises de paroles. Monsieur le premier ministre, accéder à ces différentes fonctions, les Thomondois voyaient l’espoir profiler à l’horizon. Ils croyaient, cette fois-ci, un fils de la commune de Thomonde allait attaquer les vrais problèmes qui rongent les habitants. Monsieur, nous avions osé d’espérer une amélioration des infrastructures routières, technologiques, sanitaires, agricoles ,  culturelles et commerciales de Thomonde. Aussi, nous avions osé d’espérer des crédits accessibles aux jeunes entrepreneurs Thomondois. Depuis votre accession aux différents postes ministériels, nous croyons l’eau potable allait être accessible aux gens de Thomonde. Au centre-ville, au voisinage de la résidence de votre feu père Lima , Monsieur le Premier Ministre, il y a une alternance entre poussière et boue. En été, c’est la boue. En hiver, C c’est la poussière. Au temps de votre père, la culture de la canne-à-sucre, du mais, du pois, de la banane, tu tabac et l’élevage  était florissant.  Les paysans, malgré l’absence de support de votre État, tient encore tête .Monsieur le Premier Ministre, nous avions osé d’espérer durant vos passages à ces postes décisifs, une mise en valeur des patrimoines matériels et immatériels de la commune de Thomonde. Les rivières de Thomonde, les grottes de la voûte du diable, la chute Felicia, le camp Peralte , et tant d’autres …allaient recouvrer une fraîcheur sous votre administration.  Nous attendions un renforcement de l’appareil judiciaire et de la police à Thomonde. Nous profitons de vous informer, Monsieur le Premier Ministre, que le palais de justice Thomondoise et la mairie logent à la même enseigne, sous le même toit. En ce temps de propagation de la Covid-19, nous espérons de vous un départage. La rentrée au bâtiment du palais de justice serait encore impossible en raison du mobilier. Monsieur,  contre toute attente, vous avez tourné le dos à votre Alma mater. Du ministère de l’environnement au ministère de l’économie et des finances(MEF), vous n’avez éprouvé aucun sentiment d’appartenance ni de la gratitude à la commune de Thomonde.

Alors qu’actuellement, vous êtes premier ministre et ministre de la planification. Nous avons exprimé une certaine fierté de constater l’un des nôtres accédé à ce  prestigieux poste de l’administration publique. Les Thomondois  indistinctement s’en réjouissaient malgré que vous fassiez fi de leurs problèmes. Votre accession avait augmenter l’estime des gens pour l’éducation et la morale. Encore une fois, ils pensaient trouver une raison d’espérer et de poursuivre certaines idées.  Monsieur le premier ministre, Pendant que nous attirons votre Clémence et un attouchement des problèmes socio-économiques et culturels de la commune, nous sommes abattus de vos propos malsains et décontractés à l’égard des Thomondois en entier. Ces propos grivois qui déshonorent aux gens de Thomonde et le reste du pays nous laissent sans voix et profanent votre fonction . Monsieur , au cours d’une allocution en date du 11 Mai 2020 , à l’égard des Thomondois, vous avez débité les mots suivants :

 “M fiyè de platosantral menm toujou fâche kont Tomond paske Tomond se kote ki gade plis vagabon nan plato a. Tomond gen anpil sanzave , anpil anpil. M pa konn kouman l fè gade vagabon konsa”.

Monsieur le premier ministre, lorsque vous n’avez rien à donner ou vous ne voulez rien donner à un pauvre affamé, évitez de cracher dans son assiette ni de la briser. Vous avez déjà briqué plusieurs postes décisifs au sein de l’administration publique. Aujourd’hui , vous êtes promu à la primature. Depuis , bien que vous n’aviez manifesté aucune gratitude à l’égard de l’alma mater, nous restons dormir sur le laurier. Malgré la soif et la faim qui nous tenaillent, nous vous avions laissé paisiblement dans votre breuvage. Pendant que vous n’avez rien fait pour améliorer les conditions de vie des gens ici, vous tentez injustement dresser des barricades aux courageux jeunes et adultes Thomondois qui se battent corps et âmes pour survivre. Monsieur le premier ministre, en énonçant ces propos vulgaires et sales, vous tentez de réduire à néant l’effort de toutes les catégories de la société Thomondoises qui œuvrent en vue de rejaillir l’espoir à Thomonde. 

Monsieur le premier Ministre, en déclarant que Thomonde ne compte que des “sanzave” , vous avez affligé l’âme de cette communauté . Avec ces propos dignes d’un inculte, vous avez tourné en dérision les paysans, les commerçants, les taximans , les professeurs, les universitaires, les directeurs de conscience et tous les autres professionnels (…) qui s’efforcent inconditionnellement sous le soleil , sous la pluie  , en face des bandits légaux pour se soigner , soigner leur famille et contribuer sans relâche à un développement durable de cette commune et le reste du pays. Monsieur, en énonçant que Thomonde ne compte que des “vagabon ak sanzave” , vous avez craché sur l’effort des milliers de  jeunes Thomondois qui prennent  la voie de l’éducation et de l’entrepreneuriat dans le calvaire pour gagner la vie dans la dignité. Beaucoup, malgré les souffrances, les humiliations, la faim, le soif, la nudité (…) endurés ont poursuivi, poursuivent et poursuivront leur etude , remuent le ciel et la terre pour creuser une place de choix en Haïti. Monsieur le premier ministre, vous êtes impitoyables devant les jeunes et les adultes Thomondois qui survivent encore derrière leur baque fritaille , leur boîte de saucisse , leur brouette de pain , leur petite boutique (…) 

Monsieur le premier ministre, dans cette tour de “sanzave”, il y a des professeurs qui enseignent depuis 25 ans et encore malgré les ennuis. Il y a les parents qui se promènent sales et nus pour prendre soin de leur famille. Il y a des gens qui se battent inconditionnellement pour établir une société juste,  équitable en Haïti. Monsieur, en qualifiant tous les habitants de Thomonde de “sanzave” , vous détruisez moralement toute une population paisible et combattante. Ce génocide civil n’a pas sa raison d’être Monsieur. Vous n’avez jamais tenu ces propos sales et destructeurs à l’égard des bandits de Grands ravines. Depuis quand vous avez enregistré une fusillade, un massacre, un kidnapping à Thomonde Monsieur le Premier ministre? La Population Thomondoise compte environs trois policiers fantômes et misérables pour  plus de 56 milles habitants. Où se trouvent ces vagabonds Monsieur le premier ministre? Les quatre sections de la commune ne disposent aucune présence policière alors que les gens vivent et débrouillent paisiblement en absence de votre Etat inexistant. 

Monsieur le premier ministre, maintes fois, on nous a signalé de votre passage dans la ville de Thomonde, mais vous ne faites rencontrer que quelqu’un de vos amis ou de vos semblables. Peut-être, est-ce cet échantillon qui vous a permis de faire cette généralisation abusive ? Je n’ai pas l’assurance de la représentativité de cet échantillon composé de vos copains de longue date.

Monsieur , vos propos grivois et inacceptables étiquettent toute la population vivant dans la crasse. Vous nous rendez encore plus vulnérables. Actuellement, nous ne pouvons rien répondre aux étrangers ou aux nationaux qui enlèvent ou nous privent des opportunités en raison de vos propos maladroits tenus vraisemblablement. Que peut dire à la police ou aux bandits légaux s’ils viennent massacrés cette population courageuse et paisible sous prétexte qu’elle soit un repère de bandit ? Peut-etre , la semaine prochaine votre ministre de la justice et de la securité publique lancera une opération de nettoyage des vagabonds dans cette vagabonderie sans ultimatum? C’en est trop monsieur le premier ministre!

Monsieur, étant un indigène de la tribu des bandits légaux, vous vous consacrez à les servir sans réserve. Étant Premier Ministre, les jeunes de Thomonde n’attendaient que vous attaquiez les grands chantiers de la respublica. Monsieur , nous serions fier de voir un Thomondois, bien qu’un indigène de la tribu des bandits légaux, attaque la corruption en col blanc au sein de l’administration publique, juge les auteurs des récents massacres roses , arrête d’instrumentaliser les opprimés des quartiers populaires, lance la production nationale ,réoriente la diplomatie Haïtienne, démocratise les crédits bancaires , encourage l’entrepreneuriat de jeunesse(…). Malheureusement, monsieur le premier ministre, vous vous lancez dans une politique de bas étage et de basse vibration . Vous tournez la république en dérision et décevoir et trainer dans les égouts vos corrégionaires Thomondois. 

Monsieur , vos propos nous font pleurer alorsque nous étions fiers de vous. Au lieu de prêter main-forte aux honnêtes infortunés Thomondois , vous les précipitez davantage dans la crasse.

Monsieur le premier ministre, vous n’êtes pas à un coup d’essai. Vous aviez nié l’existence de l’Etat en Haïti et traité certain de vos collègues  de la tribu des bandits légaux avec dédain. À tort ou à raison, il faut dire que vos derniers propos témoignent votre bât-blesse devant les grands problèmes qui rongent cette société. D’ailleurs, les propos maladroits énoncés contre la population Thomondoise éprouve ça. Par hypothèse, si Thomonde ne comptait que des “sanzave”, est-ce de cette manière qu’on aurait pu poser ce problème? Pas sûr! Ces propos vulgaires et légers sont étranges aux chefs d’État sérieux. 

Monsieur le premier ministre, s’il y avait que des bandits à Thomonde, la meilleure façon de l’attaquer, C’est à travers des politiques publiques  tenant compte des besoins socio-économiques et culturels des gens. Si vous n’aviez rien encore à nous offrir, vous pouviez garder le silence à notre propos. Depuis votre parcours dans l’administration publique, vous servez vos petits copains, hormis de votre ville natale. 

Dans votre allocution du 11Mai 2020, Monsieur le premier ministre, vous avez tenu des propos rabaissant et maladroits aussi à l’égard des courageuses femmes de la commune de Thomonde. Ces propos sont teintés de sexiste portent atteinte à cette frange de la société . Monsieur, vous avez énoncé : 

“M sonje m te gen de ti menaj Tomond le m te piti , Lè m te gen laj 10,11 zan yo, m te konn al benyen nan kanperat ak yo . kòm lestomak yo te plat , M te konn al fè magrit mòde tete yo. 

Monsieur le premier ministre, étant un indigène de la tribu des bandits légaux , ces propos à l’égard des filles de votre ancien sérail ne nous surprennent nullement. Nous le connaissons, la bande de PHTK est renommé pour ces propos sexistes. En tenant de tel propos, vous avez dérogé à certaines normes sociales mais rester cohérent à votre bande de pair. Monsieur, les gentilshommes de la commune de Thomonde garde toujours en secret les rapports intimes qu’ils entretiennent avec les filles. Nous ne vous invitons pas à aller à contre-courant de votre chapelle politique mais nous tenons à vous rappeler cette valeur partagée à Thomonde . D’ailleurs, à quoi ça sert la république d’avoir été fort sexuellement dans votre jeunesse ? Est-ce un appel d’offre sexuel que vous faites aux fines fleurs de l’administration publique? Est-ce une façon de promouvoir la domination masculine dans le pays?

Monsieur le premier ministre, tifanm ou te konn fè magrit mòde tete yo anba kanperat la, yo vrèman estomake jodia. Monsieur , nous n’attendons pas ça de vous. Étant un indigène de la tribu des bandits légaux, si Thomonde comptait que des “sanzave” effectivement ça n’aurait pas pu vous déranger car vous ne faites pas la promotion de l’honnêteté et de la compétence dans ce pays meurtri. Et si “sanzave” il y avait en quantité, ça aurait fait l’affaire de votre cartel.

Monsieur le premier ministre, aux noms de tous les honnêtes paysans , professeurs, commerçants, universitaires (…) Thomondois et Thomondoises en Haïti  et dans la diaspora, nous réclamons une excuse publique de vous. 

Wilson Archange Saint-Brun
Res.Relation Publique

Olin Jean-Philippe
Coordonnateur Général

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils