La Police Nationale d’Haïti en appuie avec la MINUJUSTH a organisé, ce jeudi 18 juillet 2019, une cérémonie de destruction d’armes à feu obsolètes, à l’école nationale de Police sur la route de Frères.

Environ 370 armes à feu de différents calibres saisies lors des opérations policières et accessoires obsolètes de l’institution policière seront détruites au cours de cette quatrième initiative de destruction d’armes dont une démonstration a été faite en présence des travailleurs de la presse ce jeudi.

Au cours de son intervention, le Directeur général de la PNH, Michel-Ange Gédéon n’a pas caché sa préoccupation quant au volume d’armes à feu illégales, susceptible d’être en circulation dans le pays.

Cela fait longtemps déjà dit-il, que les statistiques faisaient état d’environ 250 milles armes illégales en circulation en Haïti. Qu’en est-il aujourd’hui, se demande le commandant en chef de la PNH? Ce chiffre n’a pas diminué mais semble être en nette progression a t-il avoué. Les armes détenues illégalement sont pour la majorité, destinées à endeuiller la population haïtienne. Et les Policiers ne sont pas épargnés. C’est préoccupant. Il faut les réduire, lance t-il.

<< Ce ne sont pas les petits vilains canards qui détiennent les armes qui me préoccupe mais plutôt les grands manitots inconscients qui les font venir et ceux qui les distribuent sur le territoire >> a lâché Michel Ange Gédéon. Il exhorte ceux qui se donnent à de telles pratiques à se rétracter. Indiquant que les armes lâchées dans la nature au mépris d’un pays meurtri peuvent être retournées contre n’importe qui n’importe quand, citant la théorie de la justice imanante.

Aussi a t-il déclaré, que la PNH, fidèle à sa mission de la protection des vies et des biens, malgré la précarité de ses moyens ne restera pas les bras croisés.

Selon Michel Ange Gédéon, le processus de contrôle, de confiscation, d’élimination des armes illégales dans le pays nécessite la franche implication et l’engagement citoyen collectif des secteurs concernés notamment ceux ce trouvant à la frontière, dans les ports, à l’aéroport et surtout ceux qui détiennent une certaine autorité et par conséquent du pouvoir et du devoir de contribuer à protéger le pays et la population.

<< La sécurité d’un pays c’est l’affaire de tous >> crache -til. La PNH n’est qu’un maillons de la chaîne. Rangeons-nous donc tous ensemble autour de notre Police pour résoudre la question des armes illégales qui circulent dans le pays. Ajoute le DG Gédéon.

Pour sa part, le représentant de la composante de Police de la MINUJUSTH Serge Therrriault se réjouit de l’appuie accordé à l’institution policière par les deux dernières forces Onusiennes en Haïti. Il promet que les Nations-Unies vont continuer à supporter la PNH même après le départ de la MINUJUSTH en octobre prochain dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique de développement 2017-2021.

Serge Therrriault soutien que la collaboration entre la PNH et les autorités judiciaires est essentielle pour la récupération des armes et leurs destructions. Soulignant que c’est cette collaboration qui peut permettre que les armes saisies et qui ont été déclarées illicites suite à la procédure judiciaire peuvent être immédiatement envoyées à la PNH pour destruction. Cela permettra a t-il fait savoir, d’éviter que ces armes retournent sur le marché illicite et d’alimenter l’insécurité dans le pays.

<< La lutte contre la prolifération des armes illicites est cruciale pour la sécurité des citoyens >> croit le haut gradé de la MINUJUSTH. Aussi, invite t-il les autorités judiciaires à maintenir la collaboration avec les forces de l’ordre pour l’intégrité des institutions nationales et la consolidation de la paix.

Deux autres démarches doivent s’aligner autour de cette initiative de destruction d’armes obsolètes pour obtenir le résultat souhaité déclare le représentant de la composante de Police de la MINUJUSTH. Il s’agit d’une part, la nécessité de continuer à renforcer l’enregistrement des armes en renforçant la capacité de la PNH. Et d’autre part, la nécessité d’assurer le contrôle de toutes les armes à feu illégales que ce soit entre les mains des civils et des agents de sécurité privé.

Ont pris part également à cette 4ème cérémonie de destruction d’armes obsolètes dont la troisième initiative remonte en 2017, la représentante du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti, l’ambassadeur des Etats Unis en Haïti, les membres de la Commission Nationale de Désarmement, le haut commandement de la PNH, des représentants du corps diplomatique et consulaire, des cadres et membres de l’institution policière.

Francky Belfort
belfort89@yahoo.fr

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