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La Redaction 5 juin 2020
Eric Jn Baptiste

Dans une lettre ouverte publiée le 2 juin 2020, le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) écrit au Président de la République, Jovenel Moïse. Au cours de cette lettre le RDNP prend position sur les differentes actions posées par le gouvernement, et fait état de ses préoccupations.

Lisez la lettre intégrale du RDNP ci-desous.

RDNP
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Monsieur le Président,

En ma qualité de Secrétaire général du Rassemblement des Démocrates, Nationaux, Progressistes (RDNP), je prends la responsabilité politique de m’adresser à Vous par cette voie peu orthodoxe. Je jugeais nécessaire et opportun d’attirer Votre meilleure attention sur des faits ; quelques ordinaires qu’ils paraissent, ils n’en sont pas pour autant moins banals et urgents. Je veux limiter mes propos à deux faits pour le moment : l’avenir immédiat de toute la population, en général ; et en particulier, celui de couches et secteurs très vulnérables de la vie nationale. Tout est fragilisé à l’extrême en raison des restrictions attribuables à la propagation de la pandémie Covid-19 et de leurs conséquences brutales sur la vie courante.

Selon les réflexions faites au sein du RDNP, nous estimons que les mesures financières d’accompagnement, annoncées ou promises, par les membres de Votre administration se circonscrivent autour d’une fraction des personnes en situation précaire. Il semblerait que nous revivions une certaine époque où les denrées alimentaires, couramment appelées « sinistrés », étaient distribuées selon l’appartenance à un clan ou à un parti politique. Étrangement, les annonces ou promesses faites ne parlent pas du sort des personnes à mobilité ou capacité réduite. Ceux que beaucoup considèrent comme des « handicapés » deviennent plus dépendants, moins actifs quant aux manœuvres journalières pour assurer leur survie. Pire encore, nous nous permettons de douter qu’ils sont inclus dans le nombre des heureux bénéficiaires des 3000 gourdes qui pourraient être versées sur ce compte «bien spécial» que Vous avez, Vous-même, indiqué. Parmi ces gens à mobilité ou capacité réduite, certains sont facilement identifiables ; mais, comment va-t-on reconnaître ceux à problèmes moins perceptibles comme des troubles psychiatriques non diagnostiqués ? Reviendra-t-on probablement à l’heure des cartes partisanes pour les identifier ? Certains observateurs – peu assurés de l’efficacité, du sérieux même, de cette mesure – pensent que ces fonds auraient pu être employés à la réalisation d’œuvres ponctuelles à perspectives plus structurantes.

De même, nous nous inquiétons du silence profond fait autour de la situation particulière des prêtres, des pasteurs, des hougans qui remplacent avantageusement et systématiquement l’État en temps ordinaire. Dans leur environnement immédiat, ils accompagnent au quotidien les membres de couches défavorisées à, sinon résoudre, atténuer toutes sortes de problèmes. En ce temps de détresse, les moyens de ces âmes charitables sont plus que réduits ; et, nous nous demandons si elles peuvent ultimement subvenir à leurs propres besoins essentiels ou primaires. A ce propos, nous devons signaler à Votre aimable attention que ceux parmi ces directeurs de conscience, particulièrement les prêtres, qui recevaient une maigre assistance « mensuelle » de l’État en ont été privés par décision de la présidence non provisoire , qui Vous a précédé. De plus, dans ledit «programme» d’aide de Votre administration, les artistes, les artisans, les opérateurs culturels ne sont pas inclus. Ils devaient être parmi les premiers sur la liste parce qu’ils font partie d’un secteur sensible à la moindre dégradation de la situation sociétale ; mais non, ils sont oubliés tout bonnement comme des « premières casaques ». Que dire du secteur de la presse ! Très utile à la vulgarisation des consignes, décisions et mesures, pour contrer les avancées fulgurantes de cette pandémie, elle en est l’une des premières victimes sur le plan de rentrées économiques. Elle se voit obligée à contre-cœur de faire des compressions; et bizarrement, d’effectuer les mêmes, sinon plus de dépenses de fonctionnement qu’avant.

J’espère, Monsieur le président, au nom du RDNP, Vous avoir indiqué – en partie – des secteurs et des couches de la population qui pourraient autrement rester étrangers à Vos préoccupations. Sinon, je devrais noter les paysans, les ouvriers agricoles, les marchands des denrées produites dans ce secteur ; mais, je pense que cette indication est superflue si je me réfère aux probables constats que Vous avez pu faire lors des tournées de «Votre caravane». Je pourrais citer également les rapatriés volontaires, tous les gagne-petit qui forment le prolétariat urbain et qui sont guettés par la famine qui découlera certainement de cette baisse considérable d’activités dans un pays déjà économiquement anémié. Par cette même occasion, je préfère Vous dire que des suspicions légitimes et/ou justifiées grondent au sein de la population ; elles concernent l’utilisation des fonds mobilisés et affectés dans la lutte contre le Coronavirus. Il serait de bon ton que Votre Administration se prépare à rendre compte du dernier centime dépensé sous cette rubrique. Cette reddition de compte, en bonne et due forme, sera accueillie comme relevant de mesure de protection et de sauvegarde de la santé mentale publique, donc, nationale.

Monsieur le président, dois-je signaler pour Vous que tous les pays font, désormais – de la lutte pour contrer la propagation de la pandémie et de la reprise des activités économiques – deux temps d’un même mouvement national ! En clair, presque tous les États du monde pensent déjà à se remettre en selle pour répondre à la satisfaction des besoins de leur population, en planifiant l’après-Covid-19. A ce sujet, je peux Vous confier notre inquiétude au sein du RDNP, puisqu’aucune initiative du genre n’est envisagée par l’État de notre pays. Presque toutes les grandes entreprises haïtiennes sont au bord de la faillite, provoquée par les mois de «peyi lòk», ajoutés à ceux de confinement – impossibles jusqu’ici d’être comptabilisés – en raison des incertitudes causées par la pandémie. Dans ces conditions, pouvons-nous espérer que l’État se décide, dans les plus prochains jours, à réunir les acteurs du secteur économique ? Cette réunion aurait pour mission d’élaborer un Plan incluant des mesures financières claires et des dispositions administratives, fiscales et douanières moins contraignantes . Ces mesures et dispositions devraient comporter en elles assez de souplesse pour permettre à toutes les grandes, moyennes et petites entreprises existantes de refaire surface et en favoriser l’émergence d’autres . Au bout du compte, l’État pourrait se faire une santé en vue de répondre à ses principales obligations . Entre autres idées sur lesquelles je pourrais m’étendre, je Vous aurais suggéré de demander aux acteurs du système éducatif de réfléchir et d’élaborer un plan indiquant comment les étudiants et les élèves vont se remettre aux études et rattraper le temps perdu durant cette année de «peyi lòk», de kidnapping et de Coronavirus .

Sans trop Vous bousculer , l’équipe du RDNP par mon organe Vous conseille, Monsieur le président, de rétablir la situation sécuritaire du pays. Il est évident que la situation est pourrie et entretenue par les exactions, sortilèges, abominations et sacrilèges des gangs armés, des déviances d’ex- policiers hors-la-loi et j’en passe. Le rétablissement de la sécurité dans la cité réfère à l’autre condition d’une possible réalisation de ces deux temps du même mouvement national, indispensable à la reprise de la vie, après les angoisses, les calamités, les inquiétudes du Coronavirus.

Dans le ferme espoir que ces observations, réflexions, conseils, seront d’une quelconque utilité pour l’administration, la bonne gouvernance de notre pays à tous, je Vous prie, Son Excellence, Monsieur le président, au nom du RDNP de croire en mes respectueuses, citoyennes et patriotiques salutations.

Eric Jean Baptiste
Secrétaire général du parti :
Rassemblement des démocrates, nationaux, progressistes (RDNP
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