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La Redaction 10 juillet 2018

 

Si la crise que connaît le pays occasionne des actions que certains jugent de malhonnêtes, que d’autres qualifient de justice et que d’autres ne jugent pas, elle occasionne plus encore: la pensée! N’étant plus tiraillés par les exigences quotidiennes de boulot et d’études, nous voilà (pour la plupart) chez nous, guettant les moindres actus, mais surtout, nous voilà en proie à un exercice au détriment duquel on agit, on marche, on cours, lequel exercice est la réflexion. Si la terre continue de tourner autour du soleil, Haïti, elle, a cessé de tourner! Autant mettre à profit ce brake pour voir où nous en sommes et comment nous en sortir.

Notre situation sociale est tellement précaire, qu’un semblant de solidarité ne se fait sentir qu’aux moments les plus durs. Comme dirait l’autre, nous sommes un peuple de la dernière seconde.

Notre situation économique est à un point tel que l’on se demande ce qu’il adviendra de notre pain quotidien (voire mensuel) si la situation reste telle qu’elle est.

Sur le plan national, nous n’avons plus qu’une fierté rétroactive, nostalgique. Avec un président digne de toutes les haines ancestrales, qui est l’incarnation de tout ce qui est vil, abject, minable, pitoyable, détestable, exécrable. Pas la peine de lui parler, ce serait supposer qu’il soit doté d’une compréhension, et à l’heure actuelle nous vivons assez par supposition, ce luxe n’est point utile pour cet humain (il en a du moins l’air), premier citoyen de l’État (en théorie) qui fait honte à notre drapeau, symbole d’une liberté durement et duement conquise!

Et en parlant de liberté, nous sommes loin de sortir de l’auberge (triste que ce soit au sens figuré comme au sens propre), tous nos droits et libertés se retrouvent bafoués: pas de projet de sécurité sociale, aucun accès à la santé, éducation au rabais, informations douteuses, coût des produits de premières nécessités exhorbitant, hausse insensée (à l’image de son auteur, entendons-nous) du prix de l’essence. Et dans ce tohu-bohu de misère, le peuple fait retentir ces cris: Pneus incendiés, rues assiégées, manifestations et autres… Et nous voici privés de l’avant dernière liberté qu’il nous restait, celui de circuler. Quoiqu’il arrive, dans tous les cas de figure, notre avenir en tant que peuple, reste incertain et notre destin échappe à notre contrôle. Que ce soit par l’élite économique (supposée élite), la classe politique (sans classe), ou les révoltés tendant par tous les moyens à prendre le taureau par les cornes, nous sommes pris par tous les feux! Autant maintenant se positionner pas qu’en tant que jeune, mais en tant que citoyen de ce pays, qu’on soit le 1000ème ou même le dernier! Haïti a cessé de tourner, mais l’horloge tourne encore, nos coeurs battent encore. Profitons de la dernière liberté qu’il nous reste: celle de nous exprimer ! Vaut mieux souffrir avec les opprimés que de sourire avec les oppresseurs.

Dave A. SÉJOUR

FDSE/UEH

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