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La Redaction 19 mars 2018

 

A chaque session des chefs d’Etat et de gouvernement de la CARICOM surgissent des débats relatifs à l’intégration pleine et entière d’Haïti. Pourquoi serait-il évident de plaidoyer pour l’intégration à une organisation à laquelle Haïti est État partie? Haïti, constitue-t-elle à la fois un obstacle à son intégration et un mal nécessaire pour la CARICOM?

A ce point de questionnement, pour plus d’un, se joindrait l’épithète PARADOXAL. Cependant, examinons en quelques points, sans la prétention de cerner toutes les marges d’erreurs logiques, les contraintes d’une Haïti pleinement intégrée et conforme à la physionomie de la CARICOM.

Premièrement, de vécus historiques différents, contrairement aux pays initiateurs et concepteurs de la CARICOM, lesquels ont eu une colonisation de peuplement et ont acquis leur indépendance graduellement non pas par les armes, Haïti a subi une colonisation d’exploitation, telle l’a precitée dans la guerre. Ainsi, a-t-elle extirpé son indépendance par l’effusion de sang et la ruine des quelques miettes de ressources abandonnées par les colons. Donc, les germes de la pauvreté d’Haïti l’empêchant d’équivaloir à n’importe quel marché de production et de jouir en tout équité des privilèges à la CARICOM tirent, non moins indéniable, leur source de son passé historique.

Deuxièmement Haïti, étant la plus grande population de la CARICOM, se trouve incapable de maintenir sa pression démographique et sociale, jusqu’à perdre le contrôle des vagues migratoires vers l’extérieur. De ce fait, les territoires se disant stables de cette structure sous-regionale se protègent contre cette prédatrice que constitue la migration forcée des Haïtiens. D’où l’exception de la règle “LIBRE CIRCULATION DES GENS” que confirme le cas haïtien.

Troisièmement, la langue étant un outil de communication et de négociation, Haïti de par son français étranger et son créole natif, affirme son extranéité à la CARICOM car tous les pays membres ont l’anglais comme langue officielle, hormis le Suriname néerlandais.

Quatrièmement, La CARICOM est le prolongement ou la branche spécialisée des grandes économies du monde dont les États Unis, le Canada, l’Angleterre, la France et bon nombre de pays d’Europe par où sont transités ou confectionnés les produits exportés vers Haïti. Cette dernière par conséquent, en tant que pays ou marché quasiment consommateur, subira toujours l’exploitation des grands marchés de production d’Amérique et d’Europe.

En somme, Haïti peut tirer gain de cause à la CARICOM dans la mesure où elle:

-Exporte, à défaut de production agricole, ses produits artisanaux et ses peintures.

-Facilite la transnationalisation de nos entreprises de services.

– Accompagne nos jeunes professionnels à offrir leur main-d’œuvre au marché caraibéen d’emplois.

-Promeut l’adoption du créole à la place du français puisque la population haïtienne est en majeure partie créolophone. En outre, il existe à la CARICOM des pays ayant le créole comme langue de base dont la Guyana, la Sainte Lucie et la Dominique; sans compter la population haïtienne au Bahamas, laquelle est à la fois Anglophone et créolophone.

– Conclut des partenariats avec des centres formations pour le perfectionnement des cadres de l’administration publique.

– Promeut la coopération intercommunale par jumelage.

Toutefois, en marge des propositions ci-dessus, on se demande, quelles perspectives sont déjà mises en branle pour y arriver?

Buder BRILLANT
PAC/LOIH-FDSE

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