Publicités
Dimitry Charles 23 octobre 2018

“Woy mwen pran nan gaz”, “kouri, yo bay gaz”, “dlo, dlo, dlo, je m ap pike m” telles sont quelques déclarations faites par plusieurs citoyens au niveau du Champs-de-Mars après l’usage du gaz lacrymogène par les policiers lors du dernier manifestation du 17 octobre contre la dilapidation des fonds Petrocaribe.

Le gaz lacrymogène est une substance chimique qui donne toujours la peur au ventre pendant les manifestations monstrueuses. Ce produit est souvent utilisé par les forces de l’ordre pour disperser les manifestants. Ce composé chimique crée toujours la panique quand des agents de police décident de faire usage. Une situation qui ennuie et met toujours en colère les manifestants, quelques citoyens expliquent:

“Depi 2004 map fè manif, mwen konn abitye pran gaz, men gaz 17 oktòb la te rèd bò palè. Mwen menm gen enpresyon polisye yo pran nan pwòp gaz yo tèlman gaz la te gaye(rire).” Lance de façon ironique un citoyen de la ruelle Nazon.

“Mwen pran gaz 17 la bò sine Triomphe. Premye fwa mal nan manifestasyon e se premye fwa mwen pran gaz. Mwen pa wè sak rete pou m pa toufe epi mouri tèlman gaz la mal mennen mwen. Kounya depi m wè gaz, vant mwen ap tou bouyi.” Explique Johanna à la rédaction.

“Yow, nou plis pè gaz la ke bal wi. Si pat gen gaz ou panse lapolis tap ka gen kontwòl foul sa bò palè. Wa remake nou plis fasil kouri pou gaz ke lè gen tire nan manif petro yo. E gaz la ki plis pwoblèm yo, e nèg yo konn sa paske foul la toujou pi fasil gaye epi moun tou al lakay yo. E map tou pwofite di nèg yo ke yo bay gaz la ak twòp eksè paske fòk yo konnen gen moun ki abite nan anviwon an e lopital jeneral tou prè.” Critique un citoyen de Lalue.

Ce composé chimique est-il dangereux? Quels sont ses composants? Son historicité? Et ses conséquences? Tout ce qu’il faut savoir

Historicité

Les premières apparitions massives du gaz lacrymogène remontent à la guerre de 1914-1918. Les Français ont tiré les premiers. Par les aspersions lacrymogènes sur les tranchées ennemies, ils ont inauguré les toxiques chimiques utilisés durant la Première Guerre mondiale. Et ont déclenché une surenchère de gaz toxiques de combat : attaques au chlore avec des gaz suffocants, comme le phosgène ou le dichlore en vagues gazeuses dérivantes, et des
« vésicants », comme l’ypérite (redoutable « gaz moutarde » ). Le nom de « vesicant » vient de la capacité du produit chimique à former de grandes vésicules sur la peau exposée.

Composants du gaz lacrymogène

La composition du gaz lacrymogène évolue vers plus de toxicité, ce qui est nocif pour les manifestants et…les policiers. Malgré son nom, le gaz lacrymogène n’est pas forcément un gaz mais un composé solide à température ambiante, dilué dans des agents liquides ou gazeuses. Il s’agit de disperser le produit dans l’air par des grenades lacrymogènes simples ou par des « grenades à effets mixtes, lacrymogènes et de souffle (GLI-F4) » . Ces grenades relèvent de ce que les règlements appellent l’ « usage des armes » et sont considérées dans le jargon policier comme « armes intermédiaires », « gaz incommodants » ou
« incapacitants », parfois qualifiées de « sub-léthal », ou
« à létalité réduite » .

Le gaz lacrymogène peut provoquer une irritation ou un écoulement des yeux avec des larmes. S’il reste peu toxique, le gaz lacrymogène peut tout de même avoir des conséquences sur la santé en cas d’exposition prolongée.

Les conséquences du gaz lacrymogène à court terme sur la santé

  • Des problèmes respiratoires, une irritation des voies respiratoires.
  • Des nausées, voir des vomissements.
  • Une irritation des voies lacrymales et des yeux.
  • Des spasmes.
  • Des douleurs thoraciques.
  • Des dermatites et des allergies.
  • Il faut savoir que les effets sont accentués par temps chaud et humide.

Les dangers à long terme du gaz lacrymogène pour votre santé

  • Une nécrose des tissus dans les voies respiratoires.
  • Une nécrose des tissus dans l’appareil digestif.
  • Des œdèmes pulmonaires (trou ou bulle d’air dans les poumons)
  • Des hémorragies internes (hémorragies des glandes surrénales).

Conseils pour limiter les risques

Rester calme si vous avez reçu du gaz lacrymogène, pas de panique.

Eloignez vous le plus possible de la foule.

Ne vous touchez pas le visage et ne vous frottez pas les yeux.

Il faut se moucher et cracher, pour évacuer les produits chimiques.

Le vinaigre et le citron permettent de diminuer la toxicité de ces gaz en réagissant avec eux.

Il est donc conseillé d’imbiber les mouchoirs avec du vinaigre ou du citron pour respirer moins ces toxiques.

Il est conseillé aux femmes enceintes d’augmenter la surveillance médicale de leur grossesse et pour les personnes ayant présenté des atteintes pulmonaire, il leur est conseillé de faire des radios pulmonaires à distance de l’exposition à ces gaz toxiques.

Si vous avez des gènes respiratoires qui durent, aller voir un pneumologue.

Si lors d’une manifestion vous ne vous sentez pas bien du tout, aller voir les pompiers ou les secours.

*Source: Médecine légale/ Futura-Sciences/ Reporterre/ Danger-Santé

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils