Et si nous nous inspirons de l’exemple des Grenadiers pour le sauvetage d’Haïti?

 

L’équipe de football haïtien surnommée les Grenadiers, conduit par le sélectionneur français Marc Collat, est la révélation de la 15ème édition de la Gold Cup 2019. De part sa performance.

En effet, depuis 1974 où nous avions participé au mondial, cette génération de football est la deuxième ayant accompli un très grand exploit.

Après leur performance en League des Nations de la CONCACAF, les poulins de Marc Collat ont pour une autre fois étonné le monde du football, et mettre Haïti sur la scène internationale.

Pour une première fois, L’équipe haïtienne en phase de poule a terminé en tête avec 9/9 en battant la Bermudes, le Nicaragua et l’une des équipes favorites de la compétition le Costa Rica. Quel exploit !

Première de sa poule, Haïti est invitée à affronter une équipe qui a déjà remporté la coupe d’or à deux reprises, en l’occurrence le Canada en ¼ de final. Le samedi 29 juin 2019, à Houston aux Etats Unis.

Le jour J arrive. Tous les yeux sont rivés sur l’équipe nationale. La peur, l’espoir, la joie, tous se mariaient dans les cœurs des haïtiens à travers le monde. Tous devant leur petits écrans et s’attendent à une victoire. 7h du soir, le coup de sifflet est donné. Au 18ème minutes de jeu de la première mi-temps, le Canada a pris l’avantage en inscrivant son premier but avec un cou-frant qui surprend les Grenadiers.

28ème minutes de jeu, un second but a été inscrit. Quelle désolation ! Le public haïtien est en mouvement, c’est la panique, le choc. C’est fini pour nous, disent plus d’un. À la 2ème mi-temps, au 50ème minutes le valeureux Duckens Nazon à trouver la brèche en réduisant le score. La confiance commence à se retourner.

73ème minutes, Hervé Bazile sur penalty a offert le but égalisateur et c’est la joie. La confiance est entièrement retournée. Au 76ème minutes de jeux sur une magnifique passe de Duckens Nazon, Wild Donald Guerrier offre la qualification à Haïti avec un magnifique but. Oufff ! Quelle joie !

Tous sont dans la joie, se serrent la main, donnent des accolades, des tirs nourris ont été entendu presque partout à travers la région métropolitaine de Port-au-Prince, des bandes de raras gagnent les rues pour exprimer leur joie. Haïti l’a fait ! Haïti l’a fait ! Haïti l’a fait !

Si l’on demande à quelconque joueur au sein de l’équipe, comment peut-on arriver à remonter ce score et vaincre le Canada ? Il vous répondra sans doute << l’Union qui règne au sein de l’équipe et la détermination de gagner >>.

Et si nos dirigeants s’inspiraient de cette union, cette détermination pour le sauvetage d’Haïti ?

Les Grenadiers sont déterminés à gagner la coupe, déterminés à faire sourire un peuple qui souffre. Ils se sont mis ensemble, pas d’égoïsme, le moi est banni, pas de discriminations, les discussions autour de couleurs, de langues, d’origine sociales… sont bannis. Un seul objectif, gagner, gagner, gagner.

Pourquoi pas cette détermination, cette mise en commun entre les femmes et hommes politiques du pays ?

On assiste depuis après la mort du père fondateur de la patrie en 1806, à une lutte pour le pouvoir en Haïti. Pas pour servir la nation toute entière mais pour servir son clan, pour se servir lui même et servir les patrons étrangers.

La division, la trahison, les vices, le ( ôte toi de là que j’ai m’y mette), la fraude, la corruption… caractérisent nos dirigeants qui succèdent le règne du pouvoir depuis 1806 jusqu’à aujourd’hui en 2019. Le peuple est hélas. S’attends toujours à un demain meilleur. Ce qui en réalité n’est pas dans la tête des dirigeants.

La lutte de couleurs, de langues, de classes, d’origine sociales nous divise. C’est une question de (Nèg anwo, nèg anba. Nèg rouj, nèg nwè, nèg andeyò, nèg lavil, nèg ki pale kreyòl, nèg ki pale franse…).

En Haïti aujourd’hui, rien ne marche, rien ne fonctionne. Le pouvoir politique, l’opposition, le secteur privé et les autres secteurs, tous sont à genoux. Le peuple est livré à lui même. Il n’y a pas de gouvernement, pas de budget, l’inflation atteint 18 à 19%, le prix des produits de première nécessité grimpe à toute vitesse. Vivre en Haïti est devenu un grand défi.

La situation sociopolitique se détériore de jour en jour. Plusieurs secteurs de la vie nationale appellent à la démission du chef de l’État. Des manifestations de rues sont organisées à longueur de journée à travers les grandes villes du pays (vle pa vle fò l ale). À cela, s’ajoute le rapport d’audit de la CS/CCA sur la gestion des fonds petrocaribe considéré comme le plus grand scandale de corruption en Haïti où des grands commis de l’État sont indexés.

Départ de Jovenel Moïse, toutes les branches de l’opposition se sont mis d’accord. Mais sont divisées sur l’alternative d’après. Division ! Division ! Division !
Au sein de l’opposition les branches s’entredéchirent, dénoncent, critiquent, s’attaquent l’une l’autre. Le Président Jovenel Moïse a tenté veinement, à plusieurs reprises, d’organiser des assises avec l’opposition pour trouver une issue à la crise.

D’un côté, L’opposition est clair et ferme sur sa position << il n’y a pas de dialogue possible avec Jovenel Moïse, on attend que sa démission >>. De l’autre côté, le chef de l’État lui n’entend pas démissionner, il réitère à chaque fois son appelle au dialogue.
L’égoïsme, le moi, la haine, voilà ceux qui guident nos dirigeants.

Entre temps, le peuple est livré à lui-même, pas d’électricité, pas d’eau potable, pas de sécurité, pas de justice, pas de logement, pas d’éducation, pas d’emploi etc. On a besoin de 93 gourdes pour un dollar américain. Les jeunes fuient le pays parce qu’il n’y a pas d’avenir, les gangs armés sèment la terreur, nos routes nationales sont livrées aux bandits. Et nos dirigeants sont divisés, ils ne veulent pas se mettre ensemble pour le sauvetage du pays.

Aujourd’hui, l’équipe haïtienne nous montre que si nous mettons de côté la division, la discrimination et nous nous mettons ensemble. Nous pouvons faire des exploits, accomplir de grandes choses qui peuvent étonner le monde entier.

Pourquoi ne pas suivre cet exemple ? Pourquoi nous ne mettons pas de côté nos intérêts personnels pour viser les intérêts de la collectivité ?

Rejetons la division, unissons-nous ! Unissons-nous ! Unissons-nous avec le désir de voir sourire un peuple qui souffre depuis environ 213 ans.

Et si nous nous inspirons de l’exemple des Grenadiers pour le sauvetage d’Haïti ?

Francky Belfort
belfort89@yahoo.fr

Auteur : Francky Belfort

Belfort Francky rédacteur et Secrétaire de redaction de l'agence presslakay.

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