Éditorial : Le temps de l’inquiétude

 

Le mois de Décembre symbolisait autrefois celui de la trêve et du partage. En Haïti, depuis quelques semaines un vent mauvais souffle sur le pays. Quel Vent ? Ce n’est point le vent de la polarisation qui a l’habitude de nous mettre dans la confusion. Il s’agit d’un phénomène qui gangrène la société depuis des lustres, l’Insécurité. N’avez-vous pas eu un proche, des amis qui ont été tombés sous des balles assassines ? Nous bravons la peur au quotidien pour se rendre au travail, au supermarché, dans les rues et même sous nos toits. L’inquiétude gagne les esprits, le doute s’empare des âmes du citoyen lambda jusqu’au premier mandataire de la nation. Dans l’intervalle, l’autorité et la légitimité de l’administration Moïse / Céant est questionnable ; d’ailleurs les ordres sont souvent mal exécutés.

Le leadership et la gouvernance de l’Etat est remise en question. Comment ça soit possible que plusieurs quartiers échappent au contrôle de l’Etat. La rentrée Sud de la capitale est livrée à elle-même. Des caïds opèrent, pillent et terrorisent la population en toute quiétude alors qu’on est ni à Bagdad, ni non plus à Kaboul.
Avec peu de moyens, la Police Nationale d’Haïti essaie tant bien que mal de reprendre le contrôle des quartiers réputés chauds. Une perquisition a eu lieu le 5 Novembre à Village de Dieu dans la résidence du présumé chef de gang Anel ainsi connu. Opération policière fini : 80 interpellations, 3 motocyclettes confisquées, cependant le chef de gang s’est évaporé dans la nature.
Cette fin d’année est la plus meurtrière pour le pays notamment la capitale de Port-au-Prince, citant les chiffres de la Commission Episcopale Justice et Paix (CE-JILAP), 230 personnes sont victimes de violences, entre le 1er Octobre et le 27 Novembre 2018. Parmi elles, 202 ont été tuées par balles dont 126 seulement à Port-au-Prince. Ces statistiques viennent confirmer la tendance à la hausse des actes d’insécurité enregistrés dans le pays. C’est la machine infernale de l’insécurité qui marche à vive allure. La logique c’est qu’il ne faut pas se retrouver au mauvais endroit ni non plus au mauvais moment. Des citoyens paisibles sont la cibles des actions des bandits qui sèment le deuil au quotidien d’autant plus à quelques kilomètres du palais présidentiel et celui du législatif.

Les habitants de La Saline, de Martissant et autres aspirent à vivre dans la paix. Mais les bandits armés qui s’affrontent étouffent ce rêve dans l’œuf. Les riverains redoutent fortement une nouvelle tuerie à tout moment.
Dans ce climat d’incertitude, dans sa ligne de mire, le ministre de la justice dit vouloir mater le phénomène de l’insécurité qui bat son plein dans la capitale. Un rencontre de haut niveau s’est tenu entre le Ministère de la Justice et le haut commandement de la PNH ainsi que les commissaires de gouvernement des 18 juridictions. A l’issue de cette rencontre, le garde des sceaux de la république a déclaré et nous citons : « Les bandits doivent êtres traqués jusqu’à leur dernier retranchement et remis à la justice ». Fin de citation.
Haïti se trouve dans un imbroglio à nulle autre pareille, la gourde continue d’être dévalorisée, les indicateurs économiques sont au rouge, et l’aide externe se fait de plus en plus rare. Une crise qui met face à face les avocats du Barreau de Port-au-Prince et le commissaire du gouvernement Clamé Ocnam Daméus met à genoux l’appareil judiciaire. Un mois sans la tenue d’une audience sans la réalisation d’un procès. L’attente est cruciale pour les justiciables.

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L’heure est grave, la situation s’empire davantage pendant que les frustrations se font sentir de plus en plus et les appels à la démission du président de la République s’intensifient. Sommes-nous au temps de l’inquiétude ?

 

La Rédaction

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