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La Redaction 22 mai 2018


Des jeunes filles, guerroyant contre la misère globale haïtienne, à la recherche d’un mieux être comme serveuses se mettent en danger et se font souillés par des inconnus pour un lit. Que devrait faire la société/les autorités?



  Force est de constater la floraison de petites boîtes de nuits, couramment appeler “ atè plate “, dans la capitale ces derniers temps. Ces boîtes d’un genre particulier presqu’à même ou à même la rue (ce qui pose déjà un problème de sécurité routière) fleurissent partout et en grand nombres, par exemple rien qu’à la courte distance de tabarre, à partir du pont, à Gérald-Bataille j’en ai dénombré au moins treize. On dirait que c’est l’entreprise du moment surtout en plaine, franchement je suis tenté d’en ouvrir un. A dire vrai, personnellement, je n’ai rien contre ces boîtes. Si c’est de cette manière que leurs propriétaires peuvent gagner leur vie tant mieux, ils sont au moins en moins sur la listes des dangers sociaux.



      Aux faites ce qui m’intéresse c’est la condition des jeunes filles travaillant dans ces endroits. C’est l’évidence de leurs vulnérabilités qui m’a interpellé. Mais tout le monde s’en fout parce que la vie nocturne revient en Haïti. N’est-ce pas l’un des objectifs de notre bon gouvernement. S’il devait en parler je suis sûr qu’il s’en féliciterait: retour de la vie nocturne et créations d’emplois. Mais quelle vie et à quelle prix?


      Non seulement dans le noir, l’insécurité, la poussière et sur les détritus. Mais aussi au prix de la prolifération d’une nouvelle forme de prostitution ou plutôt, c’est le mode de paiement qui est nouveau. Ces boîtes sont comme des nouveaux modèles de café et ces filles sont leurs appâts pour capturer les passants mâles ou “flâneurs femelles”. Et naturellement elles doivent se prêter à certains jeux (comme se laisser un peu tripoter) pour retenir les visiteurs et les pousser à revenir, de ça dépends le maintien de leur pseudo-emploi et une plus grande rentrée d’argent. Jusque là on tient la chaudière, mais là où ça brûle c’est quand ces boîtes ferment entre 1h am et majoritairement 2h am et qu’elles devraient rentrer chez elles mais qu’elles n’y arrivent pas fautes de moyens de transport. Alors que font-elles? Elles partent avec qui, ayant une voiture ou une moto, les invitent. Elles couchent avec et en retour elles ont un lit pour dormir le temps que le jour arrive. En résumé le deal est qu’elles ne prennent pas forcément d’argent mais juste un peu de place sur votre lit pour le reste de la nuit après vous avoir servi. Un lit ! voilà la situation de jeunes filles dans une société en plein 21ème siècle. Elles sont la manne des chauffeurs de taxis-motos. Pourtant certaines font croire chez elles qu’elles dorment chez des collègues habitant plus près de leurs boîtes de travaille, alors même que ces collègues font la même chose qu’elles (parents méfiez vous).  Ainsi une, près de chez moi, qui travaillait dans une de ces boîtes est rentré chez elle avec comme chèque reçu pour ses parents une grossesse, je ne sais pas si elle connaissait le père. Jusqu’où la misère entraînera t-elle le bateau de la dérive de cette jeunesse déchu? je me le demande.


Vous vous rendez compte qu’elles peuvent être les proies de tueurs en série, mais heureusement nous n’en avons pas en Haïti que je sache. N’empêche qu’elles sont à la merci de toutes sortes de prédateurs, exposées aux viols ou à toutes sortes de déviances et de mauvais traitements. Mais aussi à la merci de satanistes à la recherche d’humains à sacrifier ou de trafiquants d’organes, qui sait? Il y a peut être eu des disparus mais ça seulement leurs parents et amies le savent, cela importe peu dans un pays comme le nôtre et bon débarras pour le gouvernement… Ces jeunes filles sont pour ainsi dire sont dans une insécurité totale. Et pour cela je pense que les autorités et l’opinion publique méritent d’être alerter, c’est le moins que je puisse faire.
Je vous passe la balle. Surtout aux organismes de défense des droits de la femme et aux féministes car je pense que le droit de ces filles a travailler dans un environnement sain et sécuritaire mérite d’être défendu. Je suis sûr qu’elles n’ont pas d’assurance santé ou aucune assurance quelconque, je suis sûr que ce qu’elles reçoivent comme salaire est une pitance. Et les laissées dans une telle insécurité, comme si elles ne valaient rien pour la société, c’est le comble. Donc, je propose que qui de droit négocié de leurs patrons un minimum de garantie, à savoir soit qu’on leurs assure un moyen de transport après fermeture, soit que les boîtes se dotent de dortoir où elles pourront dormir en sécurité jusqu’à ce qu’il fasse jour et qu’elles puissent rentrer chez elles en toute sécurité.
Mais quel prince charmant viendra les secourir? Elles risquent d’attendre fort longtemps. Malheureusement il faudra attendre un drame  alors l’on se rappellera de cet article et l’on voudra agir.
        
 Fendy Rézil

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