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La Redaction 19 avril 2018

 

Numéro deux du régime depuis 2013, cet homme du système au profil plutôt discret s’est peu à peu imposé aux côtés de Raul Castro, 86 ans, après avoir gravi dans l’ombre les échelons du pouvoir cubain.
Après plus de 48 ans au pouvoir sans partage sur l’île, sous Fidel puis sous son frère Raúl, la famille passe la main ce mercredi.
Raúl Castro et le favori à sa succession, le vice-président Miguel Díaz-Canel, un ingénieur en électronique.
Au premier étage d’un immeuble en mauvais état de La Habana Vieja, quartier populaire de la capitale cubaine, Carmen et son mari, Juan, se disputent. On les entend depuis la rue. «Que veux-tu de plus? hurle-t-elle. Nous avons la sécurité, la santé et l’éducation. Ce pays n’est pas parfait, mais il faut arrêter de croire que c’est mieux dans les autres. Regarde notre nièce à Miami, elle a dû s’endetter sur dix ans pour se faire opérer du dos.Avec les cochonneries qu’ils nous donnent à manger, heureusement qu’ils nous soignent, tente de répondre Juan, qui essuie une nouvelle vague d’insultes. La dispute est emblématique de la transition en cours sur l’île.

La première étape a été franchie en mars, lorsque 8 millions d’électeurs ont désigné les 605 députés qui choisiront le successeur de Raúl Castro, entre mercredi et jeudi. Mais pour se présenter, il fallait être un personnage public sportif, artiste, scientifique ou issu d’organisations populaires.Comités de défense de la révolution, Fédération des femmes ou de la jeunesse contrôlées par le Parti communiste cubain. Ainsi, ce dernier est certain de détenir une majorité puissante. L’actuel numéro 2 du gouvernement, Miguel Díaz-Canel, est désigné comme le grand favori pour succéder à Raúl Castro. Un manque de pluralisme qui n’échappe pas aux Cubains.

La nomination officielle de ce civil de 57 ans comme président du Conseil d’Etat doit être confirmée ce jeudi matin après le vote des députés, mais celui-ci constitue traditionnellement une formalité. Si c’est le cas, il sera chargé de conduire une transition historique après plus de 60 ans de pouvoir des frères Castro.

Manuel, chauffeur de taxi à La Havane, aurait préféré voter «directement pour un candidat comme en Europe ou aux États-Unis. Certes, des choses ont évolué sous Raúl, poursuit-il. Avec le retour des touristes américains, il y a plus de travail, même si rien ne change dans notre quotidien. Nous n’avons pas beaucoup d’argent, mais notre pays est sûr. Les habitants de tous les pays en guerre voudraient bien être Cubains.»

Dans un pays où le salaire moyen équivaut à 30 dollars par mois, les problématiques économiques sont la préoccupation première des Cubains. «Nous avons besoin d’une amélioration des transports, des logements et de l’alimentation, insuffisante et très chère, rétorque Lisset Suárez, 29 ans, danseuse professionnelle. Franchement, j’attends qu’ils prennent nos demandes en compte.»

Pour Maite Cruz, étudiante en économie de 22 ans, le changement crucial pour son pays devrait être «la poursuite du développement de l’entrepreneuriat privé, qui est le moteur de l’économie». Car depuis que Raúl Castro a succédé à son frère Fidel en 2006, le visage de Cuba a commencé à se transformer à la faveur de réformes longtemps impensables dans le pays communiste. Aujourd’hui, les Cubains peuvent voyager à l’étranger, créer leur propre entreprise et se connecter au wi-fi public, même s’il reste très limité.

Hormis le rapprochement avec les États-Unis, l’événement le plus marquant de l’ère Raúl a eu lieu en 2013. L’économie cubaine amorçait alors une ouverture à l’initiative privée. Aujourd’hui, Cuba compte 580 000 petits travailleurs privés, soit 12% de la population active.

Pourtant, le processus a stagné ces dernières années, les réformes étant entravées par des dirigeants qui craignent de voir toute altération du modèle socialiste. Seulement 20% des reformes prévues par Raúl Castro ont pu être entreprises. L’enjeu pour le prochain gouvernement sera d’intensifier le processus d’ouverture économique.

La relative fraîcheur de Miguel Díaz-Canel laisse espérer la poursuite d’une politique visant à favoriser une plus grande ouverture de l’île. Possédant un compte Facebook, il s’est dit favorable à un meilleur accès des Cubains à Internet et estime que la jeunesse doit s’initier à l’apprentissage des langues étrangères. Pas question en revanche de s’ouvrir à tout ce qui pourrait mettre en péril l’hégémonie du régime. Il faut s’attendre à la tolérance zéro à l’égard de toute forme de Inpendance.

Par ROBINSON, JEROME
jeromerobinson64@gmail.com Twitter @patriotes86

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