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Affaire l’Estère: Le torchon brûle entre le DG du ministère de l’intérieur Fednel Monchery et le Maire Sénèque Estimable

 

Le Maire principal de la commune de l’Estère dans une correspondance adressée au ministre de l’intérieur a dénoncé le comportement du DG du ministère de l’intérieur Fednel Monchery, relatif à son enlèvement suivi de séquestration le 23 mai dernier à port-au-prince.

En voici le contenu :

L’Estere, ce 1er juin 2018

Monsieur Jean Marie Reynaldo BRUNET
Ministre de l’Intérieur et des
Collectivités Territoriales
En ses Bureaux.-

Monsieur le Ministre,

Le Maire de l’Estère a l’honneur de vous exposer ce qui suit :

Le 23 mai de l’année en cours, il a été l’objet, à Port-au-Prince, d’un acte d’enlèvement et de séquestration. Il n’a retrouvé sa liberté que dans la nuit du 28 mai. Le mardi 29 mai, après avoir vu son médecin et effectués tous les tests nécessaires à un accompagnement psychologique indispensable dans de telles circonstances, il s’est, de lui-même, présenté au bureau de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) pour porter plainte contre ses ravisseurs afin que la vérité éclate sur le mobile du crime et les auteurs et complices de cet acte ignoble identifiés, arrêtés, livrés à la justice répressive et punis. Auditionné pendant plus de quatre heures de temps, il a fourni toutes les informations utiles pouvant permettre à la police de conduire et boucler son enquête.

C’est après sa libération qu’il a appris l’étendue des dégâts liés aux justes protestations de ses partisans pour exiger des autorités constituées de tout mettre en œuvre pour obtenir sa libération. Ces protestations qui auraient dû être pacifiques ont dégénéré en raison, vraisemblablement, du fait que les institutions policières et judiciaires n’inspirent pas trop confiance à la population. Trop de familles haïtiennes, Monsieur le Ministre, pleurent les disparitions de leurs proches, des assassinats odieux sans que justice soit faite.

Monsieur le Ministre,

L’exposant a été grandement surpris, à sa libération d’apprendre les faits, pour le moins troublants suivants :

1) Le Directeur Général du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, Monsieur FednelMonchery, a effectué deux visites dans sa commune au cours des événements mais n’a cherché à rencontrer aucun membre de sa famille ou le directoire de son parti politique;
2) Le Directeur Général dit avoir disposé des informations sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’enlèvement, mais n’a pas communiqué ces informations à la CCE (Cellule contre l’enlèvement) de la DCPJ déjà saisie des faits et qui avait déjà entamé son enquête pour arriver à sa libération.
3) L’accès à son Bureau lui a été interdit, le mercredi 29 mai de l’année en cours, parce que le Directeur Général a passé des instructions à la Police Nationale du département pour qu’il n’organise aucune rencontre dans sa commune en attendant qu’une enquête soit menée par le commissaire du gouvernement près le Tribunal civil des Gonaïves. Il s’agit là, Monsieur le Ministre, d’une décisionillégale, inconstitutionnelle et anti-démocratique pour les raisons suivantes :
a) L’exposant est investi d’un mandat populaire, honneur dont Monsieur Monchery ne se prévaloir du fait qu’il n’a jamais bénéficié de la confiance populaire. Son mandat, dans un état démocratique, ne peut être suspendu par décision du Directeur Général du Ministère. Seule une décision de justice passée en force de chose définitivement et souverainement jugée peut suspendre un maire élu de ses fonctions.
b) Cette mesure est une dérive anti-démocratique parce qu’il n’est donné à un Directeur Général autre que le Directeur Général de la PNH de commander les forces de police. La police ne peut légalement refuser son appui à un maire élu dans l’exercice de ses fonctions.
c) Si Monsieur Monchery dispose d’informations susceptibles de faire avancer l’enquête, il doit se mettre à la disposition de la justice. Il ne peut pas prendre ses fantasmes pour réalité. Il ne peut, en aucun cas, juger, condamner, exécuter et destituer. La séparation des pouvoirs en Haïti a valeur constitutionnelle.
d) Le Directeur Général du Ministère a-t-il le pouvoir de remplacer un maire élu par un de ses assesseurs ? Qui est le l’ordonnateur dans un Conseil municipal ? Quelle disposition de loi donne ce pouvoir à M. Monchery ?
e) Un Directeur Général du Ministère de l’intérieur peut-il passer des instructions aux forces de police et aux commissaires de Gouvernement sans passer par le Directeur Général du de la PNH et au Ministère de a justice ?
f) M. Monchery est-il au-dessus de la constitution et des lois de la République?

Monsieur le Ministre,

L’exposant vous prie d’écarter Monsieur Monchery de tout ce qui regarde la commune de l’Estere au ministère que vous avez l’insigne honneur de diriger et vous prie de prendre toutes les dispositions pour le retour au statuquo ante afin que la paix revienne dans la commune de l’Estere.

Le maire Estimable pense t-il que le DG du ministère de l’intérieur aurait quelque chose à voir avec son enlèvement suivi de séquestration ?
Le DG Monchery dit être en possession de grandes preuves pouvant montrer que le maire n’a pas été enlevé, le maire Estimable aurait-il lui même planifier le coup ?

Francky Belfort

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