Il faudra encore du temps avant de parler de commémoration.
Prolifération de gangs armés, situation économique désastreuse, absence d’un Premier ministre ratifié à la tête du gouvernement, c’est entre autres dans ce contexte difficile que l’on doit commémorer la journée de travail de ce mercredi 1er mai.

 

Pas plus tard qu’avant hier, les responsables de la police et du gouvernement ont confirmé la mort du puissant chef de gang de Savanne Pistache, Sony Jean, alias ti Je, lors d’échanges de tirs à Delmas 83. En effet, ça fait quelques mois de cela que régnait dans le pays une situation d’insécurité inquiétante. Jamais le pays n’avait connu de tels horreurs. Avec la prolifération des gangs armés un peu partout sur le territoire, le pays vient de franchir une étape interdite. s’en est fait, on vient de laisser le pays de sombrer dans le chaos. C’est comme si le monde venait de s’écrouler sur notre tête. La violence qu’on observe lors des exactions des bandes armées dans les quartiers dépasse même l’entendement humain. On ne peut pas accepter que de tels agissements des membres de gangs détruisent l’espoir de tout un peuple.

 

Comme si on n’avait pas assez de problème avec ça, malgré tous les horreurs de ces hommes armés qui s’abattent sur le pays, il faut compter aussi la misère de la population. Ce peuple qui vivait déjà dans la précarité doit faire face aussi à la hausse des prix des produits de premiers nécessités, qui à la faveur des évènements qu’a connu le pays au cours du mois de février, la population a vu ses conditions de vies dégradées davantage. En effet, le taux d’inflation à déjà atteint la barre des 17%, selon l’IHSI ( Institut Haïtien de Statistique).

 

Plus pire encore, l’absence d’un Premier ministre à la Primature va retarder la marche du Gouvernement, surtout que le pays n’a pas encore adopté son budget pour cet exercice en cours.

 

C’est avec ce sombre tableau que le pays compte commémorer, ce mercredi, la journée dédiée au travail. Plusieurs activités sont annoncées en ce sens. Mais en guise de faire la fête , c’est plutôt pour revendiquer ou pour dénoncer que plusieurs organisations se donnent rendez-vous pour l’occasion. Car il faut l’admettre, les conditions de travail sont tellement difficiles en Haïti qu’il faudrait considérer de préférence cette journée comme un prétexte pour lancer une réflexion sur les conditions de vie exécrables de la population et de la façon dont on compte y rémédier. On ne peut pas oser rêver dans ce sens, le pays n’est pas encore prêt pour parler de travail décent, ou de travail tout court. Bien sûr on doit l’envisager un jour, mais à bien regarder, la volonté des politiques par rapport à ce sujet n’est pas encore exprimée, il faudra encore du temps.

 

Ralph Thierry Cadet

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