Les Guédés sont les esprits de la mort dans le vaudou.

Ils sont traditionnellement menés par les Barons (Baron Samedi, Baron La Croix, Baron Cimetière, Baron Kriminel), et Maman Brigitte. Les Guédé forment une famille bruyante, grossière (bien qu’allant rarement jusqu’à l’insulte), sexuelle, et qui aime habituellement rire et s’amuser.

Ayant déjà vécu, ils ne craignent rien, et manifestent souvent leur état d’esprit lorsqu’ils surgissent – mangeant du verre, des piments crus, et enduisant leurs parties sensibles de piment et de rhum. Leurs couleurs traditionnelles sont le noir et le violet.

Ils sont vus comme des psychopompes, car ils ont pour rôle de mener les morts vers l’autre vie. Ils sont fêtés les 1er et 2 novembre, qui est aussi la fête des morts dans le culte catholique.

 

Voici quelques noms des Guédés  Baron Samedi et Maman Brigitte, Baron Cimetière,Baron Kriminel, Guédé Nibo,Guédé Fouillé, Guédé Loraj,Papa Guédé,Guédé Ti-Malice,Guédé Plumage, Brave Guédé,
Guédé zareyen.


Dans les premiers mythes de Haïti, Guédé était le dieu de l’Amour charnel. Plus tard dans le Vaudou il fut assimilé au Baron Samedi, loa de la mort.
Il avait des manières lascives et un fort penchant pour le rhum et les fêtes. Il est décrit comme un dandy, portant toujours un costume queue de pie, un chapeau haut de forme et des lunettes de soleil, Il faisait tournoyer une canne en fumant un cigare ou une cigarette dans un grand porte-cigarette.

Il adorait danser, et entrainer ses danseurs dans la transe et dans l’extase de la danse. Mais la danse, qui était à l’origine un rituel phallique , était maintenant devenue une danse de mort : Les fêtes du Baron Samedi menait toujours ses danseurs mortels au carrefour entre ce monde et les enfers.
Guédé était gardien des carrefours, il connaissait tous les secrets de magie.

On pouvait le consulter pour un conseil – souvent sur des questions de fertilité, de récoltes ou de animaux. Le demandeur faisait sacrifice et posait les questions de prêtre de Guédé, et le dieu répondait par l’intermédiaire de traces de rhum renversés dans la poussière, ou dans les jets dés ou de lames de Taro.

Examiner de quelles manières la classe, la race, le genre et la sexualité sont construites et sont même constitutives l’une de l’autre a tenu une grande place dans les études universitaires. Des érudits se sont intéressés à la façon dont ces aspects de la culture et de l’identité changent au cours de l’histoire mais aussi en fonction du lieu. Cependant, de tels travaux ne prennent que trop rarement en compte le facteur religieux, ce qui est paradoxal, puisque l’intention d’un système religieux est bien de construire le monde avant d’en imposer son sens comme “la vérité”. Il va sans dire que l’on ne peut saisir dans sa globalité la manière dont l’amour, le genre ou la sexualité agissent dans une société donnée sans s’attarder sur le rôle de la religion et de ses pouvoirs multiples.
Cet article vise à observer la relation complexe entre la religion et l’élaboration de l’amour, du genre et de la sexualité. Quels processus religieux engendrent quelle pratique particulière en ce qui concerne l’émotion, la sexualité ou le genre ? Et quels sens prennent telle ou telle pratique dans tel ou tel endroit particulier ? J’entends explorer ici la manière dont les adeptes de la religion afro-haïtienne appelée vaudou utilisent des tropes historiques, nationaux et transnationaux, de l’amour, du genre et de la sexualité pour modeler leur identité. Mon point de vue est que dans le vaudou haïtien, les éléments d’une construction spécifique du genre et de la sexualité existent en dehors du discours catholique dominant, et cependant en négociation avec lui. Fondées sur des rites religieux et sur une intelligence des forces surnaturelles qui passe par une mise en scène, ces constructions créoles du genre et de la sexualité sont révélatrices des différentes façons dont la puissance s’empare des corps et les construit.

 

Brutus Robenson
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