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Dimitry Charles 12 janvier 2020
tremblement de terre
Vue de Cité Choun, une localité de Ravine Pintade. CP: Marc Curry Edmond

En 2010, le passage du séisme dévastateur sur le territoire national a porté le nombre de personnes tuées à environ 280 000. Des maisons ont été détruites, des édifices publics et privés s’écroulent sous la forte pression de ce tremblement de terre.

Aujourd’hui nous sommes un 12 janvier, dix ans après plusieurs citoyens sont toujours sans abris, certains vivent dans des camps provisoires où ils sont livrées à eux-mêmes, d’autres qui ont un certain moyen économique construisent des maisons comme bon leur semble sans aucune autorisation de l’état central qui semble faillir à sa mission et rater du même coup l’occasion de reconstruire dans les normes Port-au-Prince et ses zones endommagées par le tremblement de terre.

Nous sommes à Ravine Pintade dans une petite localité dénommée <<Cité Choun>>, un lieu que le séisme majeur du 12 janvier a fortement endommagé et fait beaucoup de victimes. Les habitants vivant dans cette localité rappellent les pertes en vies humaines et des dégâts matériels causé par ce tremblement de terre de magnitude 7, mais certains prennent le risque de construire et d’habiter dans des maisons dangereuses.

Après 10 ans, des familles qui habitent à Cité Choun certaines vivent toujours dans les T-shelters qui sont des maisons temporaires faites en sorte de bois devaient servir pour environ 5 ans. D’autres qui ont le pressentiment que l’état est faible et laisse la balle aux citoyens pour qu’ils puissent faire ce qu’ils veulent, ont déblayé l’espace où étaient logées leurs maisons avant le passage du tremblement de terre pour démarrer des constructions anarchiques qui pourraient devenir un véritable danger pour les habitants de l’espace.

Ils construisent sans aucun norme au risque de se faire tuer si un autre événement comme le séisme du 12 janvier arrive à se reproduire.

“Si m chita ap tann leta mwen chire. Depi 12 janvye mwen nan lari a anba tant, leta an 2012 te annik vin nan zòn lan li debleye epi retire dekonb, tout moun te panse leta pran kontwòl zòn lan epi pral rekonstui… Apre leta fin fè simagri deblayaj la, 3 zan apre an 2014 avan koup di mond lan li bay chak moun ki te anba tant 20 mil goud epi òganizasyon fè chèltè sa w ap gade la yo ki fin degrade, kraze. Lè m wè leta p ap fè anyen pou moun, eben ak pwòp ti mwayen m ti kal pa ti kal mwen degaje m ap konstui ti kay sa pou m ret ak fanmi m paske m pa ka aksepte fè 10 zan ap mal dòmi” explique une mère de famille.

Aujourd’hui, le drame qu’a fait le séisme du 12 janvier donne à réfléchir sur l’importance des dangers de construction anarchique à la place d’une vraie reconstruction qui piétine depuis des années. La construction anarchique et l’habitat insalubre où vivaient les rescapés du tremblement de terre ont proliféré au mépris des règlements et des normes requis.

“Chaque jour quand je tourne mes yeux vers le haut du quartier Jalouzi, je me demande combien de morts allons nous compter si un autre séisme vient vers nous. Le danger est visible. On fait rien pour l’éviter” lâche sur un ton inquiétant un jeune universitaire.

Si au quartier <<Jalouzi>> les gens construisent comme des saumons entassés dans des boîtes de sardines, le constat est du pareil au même à <<Morne Laza>>, zone Bourdon. Plusieurs milliers de citoyens vivent dans des lieux qui ne disposent d’aucune infrastructure où ils font face au quotidien à la pauvreté, manque d’hygiène, la construction anarchique et l’habitat insalubre. Un seul mot qualifie l’état actuel de ces zones sur le plan urbanistique: le désordre total qui aura comme conséquence des bouleversements, effondrements et autres…

Où sont passés les fonds pour la reconstruction?

Après le passage du séisme, plusieurs organisations internationales, une vingtaine de pays ont contribué pour aider le pays à se reconstruire, sans oublier que plusieurs milliers de compatriotes de la diaspora et aussi des citoyens étrangers avaient participé aux levés de fonds pour Haïti. Où sont passés ces fonds? Une question qui fâche quand on sait que la majorité des fonds sont gaspillés dans des projets bidons avec la complicité des ONG à l’époque qui poussaient comme des champignons et envahissaient le territoire.

Le peuple a beau rêvé. Il a beaucoup espéré un environnement meilleur après 2010. Pourtant, la situation reste toujours préoccupante: les édifices publics peinent à se reconstruire, les écoles publiques et privées sont toujours dans l’impasse d’avoir un nouveau bâtiment répondant aux normes parasismiques. Chaque citoyen se bat au quotidien pour construire un taudis “pa vin monte sou espas pa m lan non” crient-ils.

L’état haïtien a perdu sa capacité de contrôle. Les gens sont maîtres et seigneurs de leur construction. Il ressemble qu’après le 12 janvier on n’a rien retenu comme leçon, on rappelle juste cette date ainsi va la vie.

On piétine pour avoir une bonne reconstruction. On n’a pas profité, on fonce à grande vitesse sur la route de l’informelle.
Est-ce la faute des gens s’ils construisent n’importe où et n’importe comment? N’est-ce pas une absence totale d’autorité? Qui sont les vrais responsables? A réfléchir. Pendant ce temps là, la reconstruction piétine dans l’indifférence totale de toute une société.

Dimitry Charles

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