C’est une concession majeure faite aux démocrates, mais elle ne devrait pas être sans contrepartie.

 

ÉTATS-UNIS – Les démocrates ont-ils fait plier Donald Trump? Ce jeudi 25 janvier, la Maison Blanche a présenté au Congrès américain une nouvelle proposition de texte sur l’immigration, et elle comprend un revirement majeur pour le camp du milliardaire. En effet, Donald Trump serait prêt à ouvrir la voie à la régularisation des Dreamers, ces jeunes entrés illégalement aux États-Unis quand ils étaient enfants et que le président a longtemps voulu expulser.

Au printemps dernier, il a effectivement mis un terme au Daca, un programme qui venait en aide à ces centaines de milliers de jeunes. Mais dans le texte qui a été publié ce 25 janvier, la Maison Blanche explique qu’elle ouvrirait la voie à l’attribution de la nationalité américaine à quelque 1,8 million de dreamers (soit deux fois plus que ceux qui étaient protégés sous Barack Obama).

Crispations à venir

Mais comme l’ont immédiatement expliqué le Washington Post et le New York Times, cette volte-face de l’exécutif ne devrait pourtant pas manquer de crisper de nombreux élus. En effet, elle apparaît pour de très nombreux républicains comme une concession trop importante faite aux démocrates, qui sont pourtant minoritaires au sein des deux chambres du parlement américain.

Par ailleurs, les démocrates pourraient refuser le compromis réclamé par Donald Trump. Dans la proposition de texte publiée par la Maison Blanche, ce revirement sur les Dreamers s’accompagne effectivement d’une réaffirmation du projet de mur que Trump souhaite construire à la frontière, ainsi que de mesures particulièrement dures pour limiter l’immigration, notamment en ce qui concerne l’attribution de la nationalité américaine aux immigrés présents de longue date sur le sol des États-Unis et les contrôles aux frontières du pays.

La crainte d’un nouveau « shutdown »

Dans la proposition, qui sera officiellement transmise au Sénat lundi 30 janvier, on trouve ainsi la création d’un fonds de 25 milliards de dollars devant servir à la construction du fameux mur, ainsi qu’à financer des « améliorations » des services de contrôle aux frontières sud-ouest et nord des États-Unis. La Maison Blanche y précise également qu’elle veut limiter les attributions de nationalité américaine aux membres de la famille proche (époux et enfants).

En clair, la proposition de la Maison Blanche risque fort de rencontrer une opposition très large au moment de sa discussion au sein du Congrès. Or, elle devrait être discutée au Sénat le 6 février, soit seulement deux jours avant la fin du texte qui a permis de mettre un terme, provisoirement, au « shutdown ». Et sans accord sur l’immigration, la menace d’une mise à l’arrêt des administrations fédérales refera sans aucun doute son apparition…

 

Paul Guyonnet

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