Grâce à un matériau magnétiquement sensible, des chercheurs de l’armée américaine veulent créer l’équivalent d’un système nerveux pour les véhicules afin que ces derniers puissent « sentir » les dommages et alerter sur la nécessité d’une réparation.

En plus d’être autonome, la voiture du futur saura peut-être ressentir les dommages causés à sa carrosserie ou à d’autres éléments vitaux. À l’instar de notre système nerveux qui envoie au cerveau l’information sur la douleur, un véhicule pourrait, en quelque sorte, pousser un cri sous la forme d’un message envoyé à un ordinateur ou un smartphone. L’image est, avouons-le, un peu forte, mais la technologie existe déjà !

Une équipe de chercheurs de l’université de Clemson (États-Unis) financée par l’US Army Research Laboratory travaille sur un matériau qui, incorporé directement dans les éléments de carrosserie et d’autres organes clés d’un véhicule, pourrait détecter des dommages et relayer l’information. Avant d’en venir aux voitures de monsieur et madame Tout-le-monde, ce dispositif servirait d’abord aux chars d’assaut, hélicoptères et autres moyens de transport militaires. En effet, la maintenance de ces équipements est très coûteuse, les pièces étant remplacées au bout d’une certaine durée, qu’elles soient ou non endommagées. Or, avec ce type de capteur intégré, les entretiens se feraient uniquement en cas de besoin, ce qui réduirait sensiblement les dépenses

Un matériau stratifié et magnétostrictif

Le matériau en question est magnétostrictif, c’est-à-dire qu’il peut réagir aux changements dans un champ magnétique ou à un stress physique. Il est inséré entre plusieurs couches d’un matériau composite pour former un stratifié. Selon les chercheurs, leur invention peut détecter des impacts, des fissures et une charge anormale.

L’intérêt principal du concept est que ce matériau magnétostrictif peut être incorporé directement dans la structure de façon précise durant la fabrication d’une pièce. Cela évite de recourir à des capteurs externes après coup. Évidemment, cette technologie présente aussi un intérêt pour les transports civils et les véhicules individuels. Mais il faudra attendre au minimum 10 à 20 ans, délai que donnent les chercheurs pour une éventuelle commercialisation.

 

S/Marc zaffagni

 

 

 

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