Nous traversons depuis quelques jours une crise inédite en Haïti . Inédite de par l’origine du mouvement, mais aussi par l’absence des dirigeants qui ne dirigent pas le pays,  pour remonter les exigences d’un peuple qui souffre. Car oui, il ne s’agit pas là d’une simple grève, ni d’une manifestation, mais de la remontée d’une souffrance et d’un sentiment d’injustice qui dure depuis tant d’années.

Les citoyens que j’ai pu rencontrer sur les différents points de blocages sont des personnes de toutes les classes sociales  du chômeur au médecin, en passant par le travailleur précaire.  Des mères, des pères, des enfants, tout ce qui fait notre société. Quelle réussite pour un mouvement venu d’ailleurs que de permettre à toutes les tranches de notre société de discuter, d’échanger et de proposer des idées pour l’avenir d’Haïti.

C’est une crise sociale, économique et démocratique. Les Haïtiens  ne se sentent plus écoutés et encore moins compris. Il suffisait de se rendre sur les différents barrages pour comprendre les nombreuses revendications du peuple. Preuve en est, une semaine après le début de la crise, les mesures annoncées se sont concentrées uniquement sur la cherté de la vie, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus en pauvres ou encore les élus font de la politique pour eux même et s’enrichissent sur notre dos.

Les élus ne sont plus représentatifs de la population, c’est pour cela d’ailleurs qu’ils sont quasi systématiquement restés dans les rues . Cela entraine donc les manifestations sur la voie publique. La méthode est discutable, mais le mouvement est soutenu par une majorité de l’opinion publique baromètre peut être encore plus important que le nombre de personnes présentes dans les rues . Et puis, comment se faire entendre par des personnes qui n’écoutent pas ? Malgré tout, cela semble porter des fruits, les politiques commencent à s’agiter, ou à s’inquiéter. Il faut passer maintenant à une deuxième phase, celle des revendications. Les revendications urgentes et celles qui se mettront en place à moyen et à long terme.

Revendications urgentes :

A: Mise en place d’un fond d’aides pour les PME victimes de cette crise  elles représentent la majeure partie du tissu économique.

B: Baisse drastique des charges sociales et   pour les PME afin de favoriser l’emploi.

C: Alignement des prix des produits alimentaires.

D: Revalorisation de l’ensemble des salaires en prenant comme socle la différence du coût de la vie.

E: Mise en place d’un comité de pilotage pour écouter et apporter des solutions à notre jeunesse désœuvrée.

F: Dissolution de l’Assemblée Nationale et nouveau vote de confiance.

G: La démission du président de la République

H: Mise en œuvre d’une vraie politique de développement durable.

I: Promouvoir un retour à un mode de consommation favorisant les producteurs locaux.

J: Consolider et promouvoir la formation de tous, des plus jeunes aux plus âgés.

K: Interdire le cumul des fonctions et des indemnités pour les élus.

Cette crise étant aussi une crise démocratique, il faudra demander à nos députés et sénateurs de faire des propositions afin que le peuple soit mieux représenté. Nous ne pouvons plus être satisfaits d’une démocratie qui nous donne du pouvoir que lors des élections. Nous ne pouvons plus nous satisfaire d’une démocratie où les personnes mises en place par le peuple prennent des mesures à l’encontre de celui-ci. Nous ne pouvons plus nous satisfaire d’une démocratie qui finalement, n’a de sens que pour ceux qui nous gouvernent. Trop de privilèges d’un côté et beaucoup de difficultés d’un autre.

Pour l’honneur d’Haïti et le bonheur du peuple haïtien, au Président de la République de tendre la main au nom de la paix.

Robinson, JEROME

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