CP:Osman Jérôme

Écrouées par le chômage qui gagne du terrain, les marchandes de << manje kwit>> représentent proprement un corps de métier. La nourriture se vend dans les rues au même titre que des vêtements, des chaussures et autres. Elles sont rares les divers coins de rue de la capitale à ne pas voir des marchandes de << manje kwit >> s’installées sur les trottoirs, sous des toitures en natte, des tentes faites de tôles. Elles s’unissent à un même but, apaiser la faim de la population à leur compte. << Aleken, chen janbe, bann a pye>> sont entre autres les expressions pour nommer ces plats faits souvent entre des tas d’imondices.

Se nourrir devient bel et bien un casse-tête pour la majorité de la population haïtienne. On sait tous, quand il s’agit de s’alimenter, l’être humain ne peut s’en passer de ce besoin, pour gerer son bien être physique. Souvent fois, ils n’ont pas d’autres alternatives pour combattre ce vieil adage qui dit « ventre affamé n’a point d’oreilles ». Ils se rabattent de leurs chen janbe sans complexe, quoi qu’ils soient préparés en dehors des principes d’hygiènes.

Ces cuisinières investissent des endroits stratégiques pour apporter leur soutient dans la survie de la population. Certaines d’entre elles se spécialisent dans le « tonmtonm, les fritures et le riz au lalo ». Ces restos en plein air sont souvent entourés d’ordures, de déchets, d’un environnement pollué. La situation alimentaire dangereuse fait l’empoisonnement pour les consommateurs. Un moins cher qui pourrait devenir cher à l’avenir.

Rares sont les gens qui disposent de moyens nécessaires pour manger de façon saine et équilibrée. Profs, étudiants, des vendeurs de canne, des mécaniciens, des cireurs de bottes, pour ne citer que ceux-là, se réunissent sans gêne sous une même tente. Ce phénomène qui peut être mal vu par certain, semble laisser personne à l’écart. D’aucuns pourraient se demander comment cette pratique est elle construite? Qu’est-ce qui ont orienté les marchands vers ce choix ? Tout ceci pourrait nous amener à cette piste de réflexion: manger demeure encore un luxe pour la majorité de la population haïtienne.

Ils sont nombreux, ceux qui se débrouillent à leurs manières pour se nourrir. La faim leur oblige de se rendent sous ses tentes et vers ces marchandes ambulantes qui les acceuillent avec leurs petites bourses.

Il faut au moins 250 gourdes pour me payer un déjeuner, un dîner dans un restaurant de luxe. Cet argent n’est pas toujours à ma portée. Avec le maigre salaire que je reçois, je ne peux pas me permettre de dépenser une telle somme pour manger dans un resto digne de ce nom. Les redevances familiales sont énormes. Et puis l’important, c’est que je ne crève pas de faim,à laisser entendre Jude, un professeur.

De nos jours, le pouvoir d’achat ne revient pas à tous. La population est livrée à elle-même. Les programmes d’apaisements sociaux dudit gouvernement tardent encore. Il y a de cela deux semaines que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture avait annoncé la baisse des produits alimentaires échangés avec le monde. Alors que dans un communiqué daté de 27 novembre, l’organisation des défenses des droits des consommateurs haïtiens ont fait savoir que les produits ont connus une hausse considérables en Haïti. Les instances étatiques ne prennent aucune disposition là-dessus.

Il faut souligner que dans une adresse à la nation après les événements du 6 et 7 juillet, Jovnel Moïse a déclaré que son gouvernement sera inclusif. Le président de la République avait fait savoir que ce gouvernement aura pour mission de soulager la misère, développer l’agriculture et les infrastructures du pays. Jusque-là, les défis demeurent, l’accès à la santé et à la nourriture qui sont deux des droits fondamentaux de la personne humaine restent limités pour certains.

Les problèmes qui rongent le pays depuis longtemps deviennent de plus en plus béants. Que ce soit, l’insécurité, la pauvreté, le manque de soin de santé, la corruption, ils empirent tous avec le temps. Et pour parodier Khalil Gibran, je ne fais que vous dire en parole ce que vous savez déjà vous-mêmes en pensées.

Au reste, cette situation mérite une attention concertée et soutenue des autorités étatiques, pour faire le point de manière réaliste sur l’ampleur de la pauvreté en Haiti . Car, connu depuis plus des années comme le pays le plus pauvre du continent américain, l’économie reste faible. Basée sur l’exploitation paysanne, faible en productivité, l’agriculture reste encore incapable de satisfaire la population. Alors que l’année 2018 fait ses valises, le pays nécessite une prise de charge urgente pour pallier à cette pauvreté qui persiste.
Et si les autorités étatiques songeaient qu’ Il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir de ce Pays?

Jessica Nazaire

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