L’année s’achève. C’est le temps des bilans. Si l’année civile et l’année fiscale ne coïncident pas, la tentation est toujours grande de croiser les bilans. Bilan personnel. Bilan d’entreprise. Bilan pays.

Dans un texte publié dans cette édition du Nouvelliste, le Dr Thomas Lalime fait le bilan de l’économie nationale. L’économiste ne manque pas de souligner la faiblesse de la croissance de notre produit intérieur brut (PIB), 1% pour l’exercice 2016-2017, alors qu’Haïti a besoin de 7% de taux de croissance continue pour sortir de l’ornière de tous les classements.

Dans son texte, Lalime poursuit : « Un déficit budgétaire de 1,9 milliard de gourdes au 30 septembre 2017 est reporté par la BRH. Qui pis est, à cette même date, le financement monétaire s’élevait à 6,6 milliards de gourdes. Au 14 décembre 2017, le financement monétaire est passé à 4,05 milliards de gourdes, avant même les dépenses gouvernementales de fin d’année ».

Il est clair aux yeux de l’économiste que « le prétendu programme de cash management annoncé en grande pompe par le gouvernement et la BRH ne s’est pas concrétisé ».

Lalime dévoile dans l’article que « l’administration Moïse/Lafontant n’a pas encore signé de programme de facilité élargie de crédit avec le FMI. Le dernier signé en mai 2015 était devenu caduc en novembre 2016… ».

« Aujourd’hui, le gouvernement peut creuser le déficit budgétaire sans être rappelé à l’ordre par le FMI. De plus, le président Moïse continue de multiplier les promesses sans que personne voie pointer à l’horizon les sources de financement. Une attitude qui laisse songeurs certains observateurs de la vie nationale », déplore Thomas Lalime.

Dans notre édition du jour, un autre article de Patrick Saint-Pré relate les conclusions d’un rapport de la prestigieuse revue Forbes. Sans grande surprise, la République d’Haïti occupe la 151e place sur 153 pays dans le classement « Best Countries for Business » (les meilleurs pays pour faire des affaires) que le magazine américain Forbes vient de rendre public. Le score d’Haïti est le pire obtenu au niveau régional alors que le Chili (33e) est le champion de la région Amérique latine et Caraïbe, suivi du Costa Rica (45e), du Panama (64e), de la Jamaïque (72e) et de la République dominicaine (93e).

Forbes classe les 153 pays analysés à partir de 15 facteurs différents: droits de propriété, innovation, taxes, technologie, corruption, infrastructure, taille du marché, risque politique, qualité de vie, main-d’œuvre, liberté (personnelle, commerciale et monétaire), bureaucratie et protection des investisseurs.

Haïti est classée avant-dernier (152e) dans la catégorie lourdeurs bureaucratiques et protection des investisseurs. Haïti pour la corruption  est 143e sur 153 pays et 136e pour l’innovation.

En cette fin d’année, apprendre que l’économie nationale a des difficultés pour produire de la croissance, que l’Etat ne gère pas les ressources à sa disposition de la meilleure des manières et que les mises en place pour permettre au secteur privé de s’épanouir ne sont pas adéquates, tout cela constitue un bouquet de trop de mauvaises nouvelles ou, comme diraient les optimistes, un bouquet composé de très peu de bonnes nouvelles.

Edito du Nouvelliste

 

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