Ici en Haïti, l’homme a tendance à penser que le corps de la femme lui appartient et à tendance à assimiler toutes les femmes à un idéal féminin.
L’histoire millénaire des rapports de sexe, est celle de l’imposition d’une domination. Les hommes se sont en effet arrogés le droit et le pouvoir de réguler la vie des femmes ; de conditionner, de restreindre, voire de nier leur liberté. Cette domination imposée qu’elle soit symbolique ou réelle est à la base de la domination sexiste au cœur de cette société . La restriction ou la négation de la liberté des femmes est un acte de violence symbolique, parfois physique, qui crée un rapport d’inégalité constant entre les deux sexes.

Le discours sexiste a pour objectif de naturaliser cette domination, c’est-à-dire de faire passer une imposition arbitraire pour une situation essentielle : ainsi, l’empathie supposée des femmes les prédisposera à s’occuper de l’éducation des enfants, leur soi-disant sens pratique supérieur les condamnera à s’acquitter de la très grande majorité des tâches ménagères ou encore, la douceur invoquée les empêchera d’exprimer leur agressivité, qui est un atout pour réussir sur le plan professionnel.

Davantage, la naturalisation des « qualités féminines » conduira la plupart des femmes à adopter un comportement soumis et passif, en tant qu’épouse, mère ou collègue. Pourtant, aucune étude scientifique n’a jamais démontré que les femmes étaient biologiquement plus douces et plus empathiques que les hommes. La domination masculine est donc une domination symbolique, qu’il convient tout aussi symboliquement de dévoiler et réfuter.

Qu’en est il de la liberté sexuelle des femmes ?

De notre position d’hommes, il est temps que nous fassions cas des besoins sexuels des femmes, que nous tordons le cou au dicton créole selon lequel « fòk bouboun lan sèk kou pen », ce qui traduit une absence de lubrification dans le vagin de la femme or la lubrification coïncide avec l’excitation féminine. Le corps de la femme n’est pas fait pour nous donner du plaisir à ses dépens.
Ayons la courtoisie de nous assurer qu’elle jouisse pendant l’acte car le sexe est avant toute chose un partage entre deux humains au moins .
Arrêtons de cultiver cette double morale à l’aune de laquelle nous jugeons les femmes qui nous expriment leurs désirs.
Une femme peut aussi faire la cour à un homme qu’elle trouve attirant ,ce n’est pas pour autant qu’elle est « fanm cho  » ni « bouzen ».
Mais venons-en! Un homme qui multiplie les conquêtes féminines est « jèn jan » tandis qu’une femme qui multiplie les conquêtes masculines est » bouzen » selon le jugement de la société phallocrate et mérite d’être brûlée sur du bois vert!
La femme n’est pas moins sexuelle ni moins humaine que l’homme.
La société attend de la femme aspirant au mariage qu’elle soit vierge et de l’homme qu’il soit un chasseur à femmes.
Quel double morale déshumanisante pour cette dernière, considérée comme du bétail!

La liberté sexuelle dans le couple est la liberté de savoir que l’on peut faire ce que l’on veut, mais aussi celle de savoir que l’on peut refuser de faire ce que l’on ne désire pas.

Pierre Kevin

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