Tous les yeux sont rivés sur le Sénat de la République où la séance sur le rapport de la Commission spéciale d’enquête sur l’utilisation des fonds PetroCaribe devra être reprise ce mardi. Alors que Youri Latortue avait du mal à organiser la reprise de cette séance dans les derniers jours de son mandat au Sénat de la République, Joseph Lambert qui a promis qu’aucun dossier ne sera enterré sous sa présidence veut que la lumière soit faite sur ce dossier.

« À l’analyse de certains éléments contenus dans ce rapport, il y a lieu de dire que certains niveaux de compréhension qu’avaient les commissaires ne reflètent pas la réalité suite aux contre-arguments avancés par certains secteurs indexés dans le rapport », soutient le nouveau président du Sénat. « Vu que c’est une assemblée politique avec des hommes politiques qui ont conduit l’enquête et produit le rapport, il faut qu’il y ait très certainement suspicion politique », avance encore Joseph Lambert, très prudent en abordant ce dossier en intervenant lundi sur les ondes de Magik 9.

Si Joseph Lambert a affirmé qu’en tant que président du sénat il n’a pas de position sur le rapport PetroCaribe, il a toutefois indiqué que personne dont le nom est mentionné dans le rapport n’a encore péché. « Qui dit que ce ne sont pas les commissaires qui ont péché ? Qui sait si les commissaires nont pas fait un bon travail qui mérite par conséquent d’être analysé par l’assemblée de façon honnête et démocratique et permet ainsi à la population haïtienne de savoir ce qui s’est passé dans la gestion des fonds Petrocaribe », s’interroge l’élu du Sud-Est qui veut que l’on arrive à faire la part des choses dans le rapport.

Il y a, selon Joseph Lambert, plusieurs niveaux de responsabilités dans le cadre du dossier PetroCaribe. Il cite la Cour des comptes et du contentieux administratif, la Commission nationale de passation des marchés, les instances de supervision, les Premiers ministres, les ministres et les firmes contractantes qui ont chacun sa part de responsabilité. Par conséquent, il faut faire la radiographie politico-administrative du rapport et fixer les responsabilités à tous les niveaux et faire en sorte que la lumière soit faite sur la question du PetroCaribe », exige Joseph Lambert qui pose ainsi la nécessité de « débats contradictoires en assemblée ».

De nombreux observateurs craignent une évacuation du dossier par le groupe majoritaire dont le président avait la semaine dernière qualifié la démarche des commissaires d’ « illégale » et d’ « inconstitutionnelle ». Ils se basent aussi sur la position exprimée par le président Jovenel Moïse, lors de son voyage en France quand, évoquant le travail de la commission spéciale d’enquête, il avait dit : « tant qu’il est au pouvoir il n’y aura pas de persécution politique ». Le locataire du palais national s’est félicité d’avoir placé des éléments à l’intérieur du système pour pouvoir faire traîner le dossier.

« La position du président Jovenel c’est sa position. La position du sénateur Lambert c’est la neutralité pure et absolue », a réagi le président du grand Corps. Notant qu’il n’a jamais débattu de ce dossier avec le chef de l’État depuis sa prise de pouvoir comme président du Sénat, Joseph Lambert a promis que sa présidence n’allait pas appliquer le « Kase fèy kouvri sa ».

Danio Darius source le nouvelliste

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