« Les sentinelles de la République et de l’État de droit »

Le président Jovenel Moïse, après avoir remobilisé l’armée d’Haïti en novembre dernier, n’a, si l’on s’en tient à son discours, laissé place à aucun doute quant à son support le plus entier à la Police nationale d’Haïti. « Je suis ici ce matin, à vos côtés, pour signifier l’engagement continue de l’État à soutenir et renforcer l’institution policière », a-t-il affirmé à la graduation de la 28e promotion de la PNH, composée de 1022 hommes et de 125 femmes, à l’École nationale de police, à Frères, ce lundi 18 décembre 2017. 

« Il n’y a pas de développement sans sécurité, sans une police forte et responsable », a indiqué le président Jovenel Moïse qui souligne que les policiers sont les «  sentinelles de la République et de l’État de droit ».« Vous serez le rempart contre tout ce qui pourrait ébranler la société et saper les valeurs  auxquelles nous nous attachons », a indiqué Jovenel Moïse en mettant l’emphase sur la contribution de la PNH à « la consolidation d’une société démocratique ». Peu après avoir observé une minute de silence en mémoire des policiers tombés sur le chemin du devoir au cours de l’année 2017 pour exprimer la gratitude de la nation, le chef de l’exécutif a appelé la police dont l’effectif est renforcé à traquer les bandits d’où ils viennent. 

Le président Jovenel Moïse a annoncé dans la foulée la création d’une commission composée de l’OMRH, du ministère de la Justice, du ministère de l’Économie et des Finances afin de travailler sur la gestion de carrière, les primes et les arriérés. Jovenel Moïse a salué le bon résultat de la police et souligné que les policiers, l’inspection générale et le commandement font un travail « exemplaire ». Reconnaissant à l’égard du support du chef de l’État et des partenaires, dont l’ambassade américaine, au développement de la PNH, le directeur général de l’institution, Michel-Ange Gédéon, a esquissé un tableau, comme un bilan d’étape : « L’institution policière, déjà en mode progression, se renouvelle. La sécurité se renforce, Haïti construit son futur .»

Le patron de la police, au chapitre des conseils aux nouveaux policiers sur respect de la loi, du manuel de discipline générale, le choix d’une vie humble en embrassant cette carrière qui exige un comportement exemplaire, a quelque peu dialogué avec l’actualité brûlante de la PNH, après l’opération de Grand-Ravine, après les tirs d’agents de l’UDMO, de la police administrative et l’incendie de pneus, samedi dernier, lors des funérailles du policier Jimmy Boyard. «   Aujourd’hui, être un bon policier ne veut pas seulement dire mettre la main au collet des malfrats. Cela veut dire aussi neutraliser les bandits en respectant leurs droits. Vous devez savoir que tous les citoyens ont des droits quelle que soit la qualification de l’infraction commise. C’est l’une des raisons pour lesquelles vous avez reçu une formation sur le droit et sur l’usage de la force. Autant dire, même si vous êtes attaqué, vous devez vous rendre compte de la proportion des forces en présence, évaluer rapidement  les menaces pour réagir avec doigté et professionnalisme », a indiqué Michel-Ange Gédéon. « De même, nous ne sommes pas des pitimi san gadò. Nous avons des droits. Nous les défendons dans la légalité, pas dans le désordre et l’incendie de pneus. Ces images ne sont pas bonnes pour la force. Vous avez des droits aussi et je saurais les faire respecter », a-t-il poursuivi, soulignant que le respect de la loi en tout temps est ce qui différencie la police d’une bande armée. L’exemplarité du policier fera son honneur, celle de sa famille et de l’institution, a expliqué Michel-Ange Gédéon qui invite les petits nouveaux à repousser les tentations du gain facile et rapide. Ceux qui, avant eux, y ont succombé, sont aujourd’hui en prison ou au cimetière, a expliqué Michel-Ange Gédéon. 

Ces conseils sont retenus pas Sandra Volcy, 24 ans, l’une des 125 femmes de la 28e promotion. « J’ai entendu les conseils et je suis contente aujourd’hui d’être policière. Cela fait si longtemps que j’attends ce moment », a confié cette policière originaire de Port-au-Prince qui avait échoué lors de l’épreuve physique pour intégrer la 26e promotion, mise en attente pour la 27e.

 L’attente depuis 2014, pour Jovenel Alizé, un Capois, a été un test de sa détermination avant de rejoindre la police. C’était pour moi un rêve de protéger et de servir, a-t-il confié au journal sur la cour de cette école où des familles heureuses et fières ont entouré les nouveaux policiers dont les trois lauréats de la promotion : Chedler Sanon, Rodolphe Nicolas et Carlos Brunache. Entre les adieux, les embrassades, la satisfaction d’avoir atteint un objectif, la tête pleine d’espoir, ils vont se mettre au service du pays en faisant ce travail parfois ingrat que certains exercent avec, quelquefois, la mort au bout…

Roberson Alphonse

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