Plusieurs partis politiques appellent le président Jovenel Moïse à privilégier une approche méthodique et à assurer un réel suivi des rencontres avec les secteurs concernés pour parvenir à l’organisation aux États généraux sectoriels dans le pays, dans des interviews accordées à l’agence en ligne AlterPresse.

Le chef de l’État manque de méthode dans sa démarche pour réaliser les États généraux sectoriels, critique le Mouvement patriotique populaire dessalinien (Mopod).

« Avant les rencontres, il faut définir une méthode avec des thèmes de référence clairs qui tiennent compte du contexte, prévoient des objectifs et activités à réaliser, en vue d’une solution aux problèmes », recommande le coordonnateur du Mopod, Jean André Victor.

De plus, un document opérationnel est nécessaire pour établir l’agenda et les modalités de prise de décisions dans les débats, avance-t-il.

Le président ne dit pas comment il va coordonner les États généraux sectoriels impliquant tous les secteurs de la vie nationale. Il évoque toutes les raisons pour lesquelles il faut dialoguer, mais ne dit pas comment il va le faire en réalité, déplore-t-il.

Jean André Victor informe n’avoir reçu pour Mopod aucune invitation, jusqu’à présent, pour participer à des rencontres relatives aux États généraux sectoriels.

De son côté, le député Abel Descollines souhaite que le président fasse « œuvre qui vaille », en assurant un réel suivi en vue de la réalisation des États généraux.

Est-ce que le chef de l’État sera capable de réunir tout le monde, vu la méfiance de certains secteurs à son encontre ?, se demande-t-il.

Il serait préférable pour le président de confier la médiation à d’autres secteurs susceptibles de rassembler toutes les forces de la société haïtienne, conseille-t-il.

Le député croit aussi qu’il est matériellement impossible pour Jovenel Moïse de travailler avec son gouvernement en vue de l’émergence économique et sociale d’Haïti d’ici 2030, compte tenu de graves problèmes qui rongent le pays.

Ce souhait a été exprimé par le président, lors d’un discours prononcé, le lundi 1er janvier 2018 aux Gonaïves (Artibonite, Nord), à l’occasion du 214e anniversaire de la proclamation de l’Indépendance d’Haïti.

« Je ne vois aucun signal montrant que cela pourrait être possible d’ici 2030 », soutient Descolines, se demandant si Moïse comprend au moins la notion d’émergence.

« Il y a des problèmes d’ordre politique qui mériteraient d’abord un dialogue politique réel bien avant les États généraux sectoriels dont parle le président Moïse », souligne Edmonde Supplice Beauzile, présidente du parti Fusion des sociaux-démocrates (Fusion).

Elle estime que le président doit d’abord se pencher sur les problèmes d’harmonisation des mandats des parlementaires, d’amendement de la Constitution et de la mise en place d’un Conseil électoral permanent (Cep).

Pour sa part, le sénateur Antonio Cheramy dit attendre le président aux actes et non aux discours.

alter presse

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