Le parlement cubain a voté samedi dernier le projet de nouvelle constitution du pays. Les 560 députés réunis en présence du président Miguel Diaz-Canel et de Raul Castro, député, ancien président(2008-2018) et premier secrétaire du Parti communiste (PCC, célibataire). La nouvelle Constitution, dont le texte arrive au Parlement dans une version largement modifiée, veut changer l’économie cubaine, reconnaissant
le marché, la propriété privée et les investissements étrangers sans renoncer au socialisme.

Le secrétaire du Conseil d’État, Homero Acosta, a souligné les efforts consensuels du comité de rédaction, affirmant que cette Constitution était “une expression authentique du caractère démocratique et participatif de notre peuple, car elle était née de lui et recueillait ses sentiments.

En effet, pendant trois mois, 8,9 millions de Cubains sur 11 millions d’habitants ont voté pour le projet, dans le cadre de 130 000 débats organisés par district, centre de travail ou université. Dans un pays habitué à l’unanimité politique depuis un demi-siècle, 783 174 propositions de modifications, d’additions ou de suppressions d’articles sont apparues.

Les autorités socialistes, qui ont loué cet exercice de démocratie, ont dû corriger leur copie: la commission a apporté 760 corrections, sur 134 articles sur 224, soit 60% du projet. L’article le plus controversé? 68, qui définissait le mariage comme l’union “de deux personnes” et non comme un homme et une femme comme dans la Constitution de 1976 actuelle.

Cela a ouvert la voie au mariage de même sexe sur une île où, après la révolution castriste de 1959, cette communauté a été harcelée, voire envoyée dans des camps de “rééducation”, puis exclue de l’emploi public avant d’être progressivement acceptée.

Si le retour au texte actuel aurait fermé la porte au mariage homosexuel, le comité de rédaction du projet propose une solution intermédiaire: définir le mariage comme une institution sociale et juridique sans autres détails. Ensuite, le code de la famille, qui doit être réformé prochainement, inclura éventuellement le mariage de même sexe et le soumettra ensuite à un référendum dans un délai de deux ans.

Robinson JÉRÔME

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